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Gabès : le FTDES dénonce un jugement inquiétant dans l’affaire du Groupe chimique

Par Myriam Ben Zineb

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a vivement réagi au jugement rendu, jeudi 26 février 2026, par le tribunal de première instance de Gabès, dans l’affaire portant sur la demande de suspension des activités des unités polluantes du Groupe chimique tunisien.

La juridiction a rejeté la requête introduite en référé par la section régionale des avocats de Gabès, estimant que le dommage allégué n’était pas suffisamment établi. Une décision que le FTDES qualifie de « recul grave » dans le traitement de l’un des dossiers environnementaux les plus lourds du pays.

« Un préjudice pourtant documenté »

Dans un communiqué publié le jour même, le FTDES considère que l’argument de l’absence de preuve du préjudice constitue « une négation flagrante de données établies et documentées ». L’organisation rappelle que la pollution émanant des unités industrielles du complexe ne relève pas, selon elle, d’allégations, mais de constats appuyés par des rapports officiels.

Elle cite notamment le rapport d’audit réalisé en juillet 2025 et publié sur le site officiel du Groupe, qui aurait relevé des manquements graves ainsi que la non-conformité de certaines unités aux normes environnementales tunisiennes en vigueur.

Le Forum évoque également les cas d’asphyxie signalés depuis septembre 2025, touchant quotidiennement des élèves, ainsi que la poursuite des émissions de gaz toxiques et de fumées provenant des unités industrielles incriminées.

Une décision qui « consacre un climat d’impunité »

Au-delà du rejet de la demande en référé, le FTDES estime que le jugement « consacre un climat d’impunité » et envoie un signal négatif quant à la hiérarchisation des priorités publiques, la protection de l’environnement et de la santé pouvant, selon lui, être reléguées au second plan.

L’organisation soulève également la question de l’indépendance de la décision judiciaire lorsque les affaires concernent des établissements publics ou privés dont l’objectif demeure la poursuite de l’activité économique.

Pour le Forum, cette décision illustre une « crise de confiance profonde » dans le contentieux environnemental et renforce l’impression de pressions dépassant le cadre strictement juridique.

Une mobilisation appelée à se poursuivre

Tout en exprimant son indignation, le FTDES affirme maintenir son soutien aux habitants de Gabès dans leur démarche judiciaire, indiquant que tous les moyens légaux disponibles seront mobilisés pour défendre le droit à un environnement sain.

Cette réaction intervient dans un contexte de mobilisation citoyenne persistante dans la région. Depuis plusieurs années, les habitants dénoncent les émanations gazeuses provenant du complexe industriel, pointant des impacts sur la santé publique, notamment au collège de Chott Essalem.

Le président de la section régionale des avocats de Gabès, Mounir Adouni, a d’ores et déjà annoncé qu’un appel serait interjeté contre le jugement. Il n’a pas exclu l’engagement d’une nouvelle action en justice si nécessaire.

La bataille judiciaire autour du complexe chimique tunisien est donc loin d’être close, sur fond de tensions sociales et d’exigence croissante de justice environnementale dans la région.

M.B.Z

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Commentaire

  1. Gg

    Répondre
    26 février 2026 | 16h50

    Le vrai blocage est financier.
    Pas d’argent pour démolir et refaire, et la Tunisie a un besoin vital des revenus de cette industrie.
    Donc vous devriez solliciter une reconversion de dette en investissement dans ce but…

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