La Commission de l’éducation, de la formation professionnelle, de la recherche scientifique, de la jeunesse et des sports a tenu, mercredi 25 février 2026, une séance d’audition consacrée aux problématiques liées au manque de ressources humaines, à l’état des infrastructures des établissements éducatifs ainsi qu’au dossier de la réforme du système éducatif.
8.467 projets et plus de 4.300 établissements concernés
En ouverture des travaux, le directeur général des bâtiments et équipements a présenté un exposé détaillé sur l’avancement des projets et la réhabilitation des infrastructures scolaires, précisant que de nombreux établissements ont été affectés par les dernières pluies et les vents violents.
Il a indiqué que le nombre total de projets s’élève à 8.467, couvrant 4.304 établissements. Parmi eux, 2.690 projets ont été achevés à 100%, tandis que 1.047 sont encore en cours de réalisation.
S’agissant du programme spécifique d’interventions urgentes, 634 projets ont été autorisés pour un coût global estimé à 69,8 millions de dinars. À ce jour, 342 projets ont été finalisés ou sont en cours d’exécution, 156 sont en phase d’évaluation ou soumis aux commissions de contrôle compétentes, et 121 sont en phase de lancement d’appel d’offres ou d’achèvement des études.
Dans le cadre de la vision de « l’école attractive », 101 projets sont programmés pour la création d’espaces d’activités, l’aménagement de terrains et de salles de sport. Le ministère poursuit également le renforcement des établissements en équipements pédagogiques et informatiques ainsi qu’en matériels de reprographie, pour un coût global estimé à 74 millions de dinars. Le parc du transport scolaire a, de son côté, été renforcé par l’acquisition de 73 bus, en plus de la modernisation des équipements de restauration scolaire.
Un déficit de 2.100 agents dans les établissements
Sur le volet des ressources humaines, il a été souligné l’existence d’un déficit aigu en agents d’exécution dans les cycles primaire, préparatoire et secondaire, notamment dans les spécialités de gardiennage, de nettoyage et de restauration.
Les besoins sont estimés à 2.100 agents. Le ministère prépare, à cet effet, l’organisation d’un concours et coordonne avec la présidence du gouvernement pour l’ouverture de postes via la plateforme de mobilité fonctionnelle.
Concernant la rentrée scolaire 2026-2027, il a été précisé que les diplômés en sciences de l’éducation promotion 2026 seront mobilisés pour le primaire. Pour le secondaire et l’enseignement technique, le concours externe sur épreuves pour le recrutement d’enseignants (session 2026) a été publié au Journal officiel de la République tunisienne le 11 février 2026.
Interpellations des députés
Les députés ont concentré leurs interventions sur la lenteur des recrutements nécessaires pour combler les besoins des établissements en agents de gardiennage, de nettoyage, d’encadrement et en conseillers pédagogiques, notamment ceux admis au concours national depuis 2017 sans régularisation de leur situation.
Ils ont également interrogé le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, sur le dossier des enseignants recrutés pour combler les vacances de postes hors base de données, l’application des dispositions de l’article 107 de la Loi de finances, les conditions du dernier concours national, ainsi que la mise en œuvre de l’accord du 23 mai 2023.
La situation des infrastructures, particulièrement dans les régions intérieures, a été largement évoquée : dégradation des bâtiments, insuffisance de maintenance, surpopulation dans les classes, difficultés du transport scolaire en milieu rural, mais aussi recrudescence de la violence en milieu scolaire.
24.000 situations régularisées et 56 millions de dinars pour les clôtures
En réponse, Noureddine Nouri a reconnu que de nombreux établissements, notamment dans les zones rurales et intérieures, souffrent de la vétusté des bâtiments et du manque d’équipements de base, ce qui affecte la sécurité des élèves et du personnel éducatif.
Il a affirmé que le ministère œuvre à améliorer la gouvernance dans la gestion des crédits de maintenance et de construction afin de garantir efficacité et transparence.
À la suite de l’incident de Mezzouna, un programme spécifique d’interventions urgentes a été élaboré, avec une enveloppe de 56 millions de dinars consacrée à la réalisation de clôtures pour les établissements éducatifs. Le ministère étudie également de nouvelles modalités de gestion pour accélérer les procédures, notamment à travers des consultations rapides et la négociation directe selon des critères définis.
S’agissant des ressources humaines, le ministre a indiqué que 24.000 cadres, fonctionnaires et agents ont vu leur situation régularisée jusqu’à janvier 2026, conformément au décret n°21 du 8 janvier 2025 relatif à l’intégration des enseignants suppléants dans les établissements relevant du ministère de l’Éducation. Des avancées significatives ont été enregistrées pour la deuxième vague de régularisation, avec la poursuite du règlement des salaires du dernier trimestre 2025 et l’intégration progressive dans le système de paie ordinaire.
Concernant l’application de l’article 107 de la Loi de finances 2026 relatif à l’intégration des enseignants suppléants en poste avant 2006-2008, le ministre a précisé que le département attend la publication des textes d’application.
Il a, par ailleurs, souligné que le concours externe récemment lancé n’a aucun lien avec les régularisations sociales ni avec d’anciens crédits non exploités, mais vise à couvrir une partie des besoins du ministère, sous le contrôle des instances compétentes pour garantir la transparence.
Enfin, il a réaffirmé que la réforme éducative constitue un choix stratégique pour l’État, menée selon une approche participative associant l’ensemble des acteurs du secteur, en attendant l’entrée en fonction effective du Conseil supérieur de l’éducation.
M.B.Z










