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Guerre contre l’Iran : Emirates et Qatar Airways paralysées, des milliards de dollars en jeu

Service IA. Business News

Par Maya Bouallégui

Lakhdher S., devait rentrer lundi dernier de Thaïlande. Mais son vol Emirates a été annulé à cause de la guerre déclenchée par les États-Unis contre l’Iran. Comme des milliers de voyageurs à travers le monde, il est désormais bloqué à l’étranger. Derrière ces histoires individuelles se cache une crise aérienne majeure : la paralysie des hubs du Golfe, devenus en vingt ans le cœur du transport aérien mondial.

Lakhdher S. guide touristique tunisien basé à Lafayette, pensait terminer tranquillement ses vacances en Thaïlande avant de reprendre son activité de guide touristique en Tunisie.

Son billet retour, prévu lundi dernier, prévoyait une correspondance classique à Dubaï avec Emirates. Mais la guerre entre les États-Unis et l’Iran déclenchée le week-end, a complètement bouleversé son programme.

Après les frappes américaines et les tensions militaires dans le Golfe, plusieurs pays ont fermé leur espace aérien. Résultat : son vol a été annulé.

Emirates lui a indiqué que la compagnie prenait en charge son séjour dans l’hôtel cinq étoiles où il a passé ses vacances, en attendant la reprise des vols.

Lakhdher n’est évidemment pas un cas isolé. Comme des dizaines de milliers d’autres passagers, il ignore jusqu’à quand cette situation va durer.

Des milliers de vols annulés

La fermeture de l’espace aérien dans une partie du Golfe depuis le week-end dernier a déclenché un effet domino sur le transport aérien mondial.

Selon le journal britannique The Guardian, près de 1.700 vols à destination du Moyen-Orient ont été annulés au début de la crise, laissant des centaines de milliers de passagers bloqués à travers le monde.

Mais les données du service de suivi aérien Flightradar24, relayées par le site spécialisé Simple Flying, montrent que le nombre d’annulations a rapidement dépassé 7.000 vols par jour dans les principaux hubs du Golfe.

Les hubs du Golfe sont particulièrement touchés. Ces plateformes constituent aujourd’hui les principaux carrefours des correspondances intercontinentales entre l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Australie.

Les données du service de suivi aérien Flightradar24, largement utilisé par les compagnies et les analystes du secteur, montrent que le trafic à destination de certains hubs de la région a chuté de plus de 70 % par rapport à un niveau normal.

En quelques jours, l’un des corridors aériens les plus fréquentés de la planète s’est retrouvé paralysé.

Cette chute du trafic frappe particulièrement Dubai International Airport et Hamad International Airport à Doha, deux des plateformes les plus importantes au monde pour les correspondances long-courriers.

Emirates et Qatar Airways face à une facture colossale

Pour les compagnies aériennes du Golfe, l’impact financier est immédiat.

Emirates et Qatar Airways reposent sur un modèle économique entièrement basé sur les correspondances mondiales via leurs hubs respectifs de Dubaï et Doha. Lorsque ces hubs s’arrêtent, les pertes deviennent rapidement énormes.

Selon Simple Flying, les compagnies du Golfe ont déjà perdu plus d’un milliard de dollars en quelques jours à cause des perturbations du trafic aérien.

Les ordres de grandeur donnent une idée de l’ampleur du choc.

Le chiffre d’affaires annuel d’Emirates dépasse 33 milliards de dollars, soit environ 90 millions de dollars de revenus par jour en période normale. Une suspension totale ou partielle de ses opérations peut donc rapidement représenter près de 100 millions de dollars de pertes quotidiennes.

Qatar Airways, dont le chiffre d’affaires dépasse 20 milliards de dollars, génère pour sa part environ 55 à 60 millions de dollars de revenus par jour.

Chaque journée de perturbation signifie donc pour ces deux compagnies plus de 150 millions de dollars de revenus potentiels qui disparaissent, sans compter une série de coûts supplémentaires.

Car au-delà des vols annulés, les compagnies doivent également assumer : le remboursement de milliers de billets ; l’hébergement et la prise en charge des passagers bloqués, comme dans le cas de Lakhdher S. ; l’immobilisation d’une flotte de plusieurs centaines d’avions long-courriers ; et surtout la désorganisation complète du réseau mondial de correspondances, qui constitue le cœur du modèle économique des compagnies du Golfe.

Les aéroports du Golfe également touchés

Les aéroports eux-mêmes subissent une chute brutale de leurs revenus.

Dubai International Airport accueille habituellement près de 87 millions de passagers par an, soit environ 240.000 passagers par jour, ce qui en fait l’aéroport international le plus fréquenté du monde.

À Doha, Hamad International Airport dépasse pour sa part 50 millions de passagers annuels.

Les revenus de ces plateformes proviennent principalement des taxes passagers, des redevances d’atterrissage, mais aussi des commerces et du duty free.

À lui seul, le Dubai Duty Free génère plus de deux milliards de dollars de ventes par an, soit plus de cinq millions de dollars par jour.

Lorsque les vols disparaissent et que les passagers se raréfient, ces recettes s’effondrent immédiatement.

Selon les analyses de Simple Flying, la fermeture partielle de l’espace aérien pourrait coûter plusieurs dizaines de millions de dollars par jour aux grands hubs du Golfe.

La plus grande crise depuis le Covid

Pour les observateurs du secteur aérien, la situation est extrêmement grave.

Toujours selon The Guardian, la fermeture des hubs du Golfe représente la perturbation la plus importante du transport aérien mondial depuis la pandémie de Covid-19.

En deux décennies, les compagnies du Golfe ont construit un système extrêmement efficace de correspondances internationales. Des millions de passagers transitent chaque année par Dubaï ou Doha pour relier l’Europe à l’Asie, à l’Afrique ou à l’Australie.

Lorsque ces plateformes se retrouvent paralysées, c’est l’ensemble du réseau aérien mondial qui se désorganise.

Le silence du ministère tunisien des Affaires étrangères

Malgré l’ampleur de cette crise, les autorités tunisiennes communiquent très peu sur la situation.

Le ministère des Affaires étrangères n’a publié que des informations limitées et aucun chiffre officiel n’a été communiqué sur le nombre de Tunisiens actuellement bloqués à l’étranger en raison des annulations de vols.

Pourtant, des milliers de Tunisiens voyagent chaque année vers l’Asie ou l’Australie via les hubs de Dubaï et Doha.

Combien se trouvent aujourd’hui dans la même situation que Lakhdher S. ?

Pour l’instant, personne ne le sait.

Maya Bouallégui

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Commentaire

  1. Gg

    Répondre
    8 mars 2026 | 15h24

    « Après les frappes américaines et les tensions militaires dans le Golfe, plusieurs pays ont fermé leur espace aérien. »
    Plus précisément, bien que pas en guerre les pays concernés ont été frappés par l’Iran, ce qui a entraîné l’annulation des vols puis la fermeture des aéroports.

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