Le directeur de l’Observatoire national de l’offre et des prix au ministère du Commerce, Ramzi Trabelsi, est revenu, lundi 9 mars 2026, sur la hausse des prix des viandes rouges observée sur les marchés tunisiens durant le mois de Ramadan.
Intervenant sur les ondes de la radio nationale, il a expliqué que les autorités n’avaient pas procédé cette année à un encadrement administratif des prix de cette filière, en raison de la situation délicate que traverse l’élevage en Tunisie, marquée notamment par une dégradation notable du cheptel national.
Selon lui, cette réalité structurelle limite considérablement la marge d’action des pouvoirs publics. « La reconstruction du cheptel ne peut se faire en une seule année », a-t-il souligné, rappelant que la filière demeure fortement dépendante de cycles de reproduction longs et de conditions climatiques parfois défavorables.
Il a également relevé que le secteur de l’élevage en Tunisie ne bénéficie pas du même niveau d’industrialisation que dans plusieurs pays européens ou dans d’autres grandes économies agricoles, ce qui complique la régulation rapide de l’offre.
Ramzi Trabelsi a, dans ce contexte, évoqué les difficultés rencontrées ces dernières années par les éleveurs, notamment les aléas climatiques et les catastrophes naturelles, dont les récentes inondations, qui ont affecté certaines régions agricoles et aggravé la pression sur la production.
À ces facteurs structurels s’ajoutent, selon lui, des pratiques spéculatives observées ponctuellement sur certains marchés, susceptibles d’accentuer la flambée des prix.
Malgré l’absence d’un plafonnement officiel des prix, le responsable a assuré que les services du ministère du Commerce poursuivaient leurs efforts de surveillance du marché. Des campagnes de contrôle économique ont ainsi été menées dans différentes régions afin de lutter contre les dépassements injustifiés et les pratiques contraires à la réglementation commerciale.
Il a par ailleurs appelé les consommateurs à jouer un rôle actif dans la régulation du marché en signalant toute situation jugée abusive. Les citoyens peuvent, a-t-il précisé, alerter les directions régionales du commerce lorsqu’ils constatent des prix excessifs ou des comportements spéculatifs de la part de certains opérateurs.
Le responsable a enfin rappelé que la question de la stabilisation des prix des viandes rouges demeure étroitement liée à la reconstitution progressive du cheptel national et à l’amélioration des conditions de production dans la filière de l’élevage, deux facteurs essentiels pour rééquilibrer durablement l’offre et la demande sur le marché tunisien.
N.J










