Alors que les tensions s’intensifient entre les États-Unis et l’Iran, et que certains pays du Golfe subissent des bombardements, la situation des ressortissants tunisiens à l’étranger demeure au centre des préoccupations des autorités nationales. Lundi 9 mars 2026, Slah Salhi, ministre plénipotentiaire hors classe et président du Programme du travail consulaire et des Tunisiens à l’étranger, a détaillé sur les ondes de la Radio nationale les mesures prises par le ministère des Affaires étrangères pour assurer la sécurité et le suivi de la communauté tunisienne.
Une communauté tunisienne nombreuse dans une région sous tension
Selon M. Salhi, la Tunisie compte environ 150 000 ressortissants dans les pays du Golfe, principalement répartis entre le Qatar (65 000), l’Arabie saoudite (35 000) et les Émirats arabes unis (30 000). À cela s’ajoutent des milliers de Tunisiens résidant dans d’autres pays de la région, notamment en Syrie, au Liban, en Iran et en Jordanie. Cette répartition hétérogène nécessite une coordination étroite entre le ministère et les représentations diplomatiques et consulaires.
Depuis les premiers signes de tensions militaires, le ministère des Affaires étrangères a immédiatement mis en place une cellule de crise au sein de son administration centrale, relayée par des cellules locales dans chaque ambassade et consulat. M. Salhi a supervisé des réunions à distance avec l’ensemble des missions diplomatiques, afin d’évaluer la capacité de réponse et de mettre à jour les plans d’urgence. L’objectif est de garantir à la fois la vigilance et la réactivité face aux évolutions de la situation.
« Nous avons renforcé le contact permanent avec nos concitoyens pour répondre à leurs demandes, qu’il s’agisse de précisions, d’assistance pour l’obtention de visas, ou de coordination pour des déplacements sécurisés », a précisé le diplomate.
Cellule de crise, évacuations et assistance consulaire
Le ministère assure également le suivi des pèlerins tunisiens en Arabie saoudite. Grâce à la coopération des autorités saoudiennes et des agences de voyage, 158 d’entre eux ont pu rentrer, tandis que 14 restent encore en transit mais devraient regagner la Tunisie dans la journée via des vols en correspondance depuis Riyad ou Djeddah. La cellule de crise a facilité la communication via des numéros de téléphone et des emails dédiés, permettant aux familles de rester informées en temps réel, selon M. Salhi.
En Jordanie, 31 étudiants tunisiens ont bénéficié d’un report de leurs examens universitaires afin de sécuriser leur présence et de compenser les absences dues aux perturbations. En Iran, treize Tunisiens ont été évacués via la Turquie, avant de rejoindre la Tunisie en toute sécurité.
À Doha, environ cent Tunisiens se trouvaient en situation de blocage. Les autorités qataries et la compagnie aérienne locale ont pris en charge leur hébergement et leur subsistance, jusqu’au rétablissement des liaisons aériennes. Le ministère a également mis en place un protocole pour les déplacements terrestres depuis des pays voisins vers l’Arabie saoudite, en facilitant l’obtention des visas et en coordonnant les démarches avec les ambassades concernées.
Certains ressortissants tunisiens ont demandé de rejoindre l’Arabie saoudite. M. Salhi a indiqué que 106 demandes avaient parvenues aux représentations diplomatiques et que celle-ci seraient traitées notant certaines difficultés à Bahreïn.
M. Salhi a rappelé que l’expérience acquise lors de la pandémie de Covid-19 a permis à l’État tunisien de développer des procédures d’évacuation et de gestion des urgences efficaces. Des plans d’urgence sont constamment actualisés pour anticiper toute escalade militaire ou sécuritaire. Il a insisté sur le fait que le citoyen tunisien n’est jamais considéré comme un simple numéro, mais comme le centre de toute action diplomatique et consulaire appelant les ressortissants tunisiens à contacter les services consulaires pour s’inscrire en prévision d’éventuelles évacuations.
N.J










