Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Viandes blanches : des ventes illégales et des marges excessives dénoncées par la profession

Par Nadya Jennene

Le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, Brahim Nefzaoui, a dénoncé jeudi 12 mars 2026, lors d’une intervention sur les ondes de la Radio nationale, les pratiques illégales qui affectent la commercialisation du poulet en Tunisie, pointant notamment les circuits parallèles de vente et les abattages anarchiques.

Selon lui, le marché distingue clairement entre les points de vente organisés et ceux opérant en dehors du cadre légal. Les premiers, soumis aux règles sanitaires et commerciales en vigueur, proposent le poulet à un prix avoisinant 8,5 dinars le kilogramme pour le consommateur. En revanche, certains points de vente informels, alimentés directement par des éleveurs, pratiqueraient l’abattage et la transformation de manière illégale, en violation notamment de l’article 25 de la réglementation qui interdit l’abattage de volailles en dehors des structures autorisées.

Ces pratiques, a-t-il expliqué, ont contribué à créer une forte confusion sur le marché. D’après les informations dont dispose la profession, certains opérateurs auraient même écoulé le poulet à des prix inférieurs d’un dinar au prix habituel, avant de fermer leurs points de vente à la suite d’opérations de contrôle menées récemment par les autorités.

Le responsable a, dans ce sens, salué l’intervention du ministère du Commerce, qui a ouvert une enquête afin d’examiner les allégations de manipulation des coûts de production, aussi bien pour le poulet que pour les œufs. Il a affirmé que les prix actuels reposent sur une structure de coûts clairement identifiée : le poulet est vendu environ 5,3 dinars par kilogramme à la sortie de l’élevage, puis autour de 7,5 dinars à la sortie de l’abattoir, avant d’atteindre environ 8,5 dinars au détail.

« Il est important de préciser que le prix de 7,5 dinars correspond à la sortie de l’abattoir et non au prix final pour le consommateur », a-t-il insisté, soulignant que les marges des différents intervenants de la filière – abattoirs et détaillants – expliquent la différence entre ces niveaux de prix.

M. Nefzaoui a également évoqué la question des coûts de production. Selon ses estimations, le coût de revient du poulet vivant oscille entre 3,8 et 4,5 dinars le kilogramme selon les exploitations, soit une moyenne d’environ 4,2 dinars. L’intervention des autorités aurait ensuite permis de fixer un prix de référence de 5,3 dinars pour l’éleveur, offrant ainsi une marge d’environ 25%.

Toutefois, le responsable a pointé l’existence de pratiques commerciales qu’il juge abusives, notamment certaines ventes conditionnées imposées par des intermédiaires, qui obligeraient les détaillants à acheter d’autres produits avicoles – comme les carcasses ou certaines pièces – en même temps que le poulet entier.

Rappelant l’importance stratégique des viandes blanches pour les ménages tunisiens, dans un contexte où elles constituent souvent l’alternative la plus accessible face à la hausse du prix des viandes rouges, il a assuré que la filière se prépare à augmenter la production dans les mois à venir. Des discussions sont en cours avec les structures professionnelles dans le but de stabiliser l’offre et de contenir les prix.

N.J

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *