Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Criquets pèlerins : le sud tunisien en alerte après l’invasion de 2025

Par Imen Nouira

Un an après avoir fait face à une invasion de criquets pèlerins qui avait touché plusieurs gouvernorats du sud en 2025, la Tunisie maintient une vigilance accrue. À Tataouine, les services agricoles assurent un suivi quotidien et se préparent à intervenir rapidement en cas de nouvelle recrudescence. Surveillance, équipements et formations sont maintenus pour anticiper toute intrusion de ce ravageur, alors que les conditions climatiques pourraient redevenir favorables à sa propagation.

Le directeur général du Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Tataouine, Mongi Chniter, a assuré que les services chargés du suivi du criquet pèlerin dans la région demeurent en état de préparation et de vigilance continues, face à l’éventualité d’une nouvelle invasion dans la période à venir.

M. Chniter a précisé, dans une déclaration relayée par l’agence Tap vendredi 13 mars 2026, que les équipes techniques suivent les déplacements du criquet dans les zones désertiques, notamment dans les parties occidentale et orientale de la région. Cette surveillance s’accompagne également d’une veille régulière des bulletins d’alerte relatifs à cette menace.

Selon lui, cette vigilance s’explique notamment par la présence actuelle de criquets pèlerins dans certains pays de la région, notamment au Maroc et en Mauritanie. Dans certaines conditions climatiques favorables, ces insectes pourraient pénétrer sur le territoire tunisien à travers la frontière algérienne.

Des conditions climatiques propices à surveiller

Le responsable a indiqué que les récentes précipitations et la disponibilité de pâturages pourraient créer des conditions favorables à la reproduction du criquet pèlerin. Une telle situation nécessite, selon lui, un niveau de vigilance accru afin de permettre une intervention rapide en cas de besoin.

Il a rappelé que la vague de criquets enregistrée l’année dernière dans la région de Tataouine avait été soudaine. Toutefois, l’ensemble des structures concernées s’étaient mobilisées pour faire face à la situation, ce qui avait permis de maîtriser l’invasion et de limiter la propagation de ce ravageur.

Une stratégie de préparation anticipée

Les préparatifs pour faire face à d’éventuelles invasions reposent, selon M. Chniter, sur une approche anticipative. Celle-ci comprend notamment l’organisation régulière de sessions de formation au profit des agents et cadres techniques spécialisés dans la surveillance et la lutte contre le criquet pèlerin.

Le responsable a également souligné l’importance de l’échange d’expertise avec plusieurs pays partenaires. À ce titre, des experts mauritaniens ont récemment effectué une visite dans le gouvernorat de Tataouine afin de s’informer sur l’expérience tunisienne dans le domaine du suivi et de la lutte contre ce ravageur. Parallèlement, des agents de la délégation régionale de l’agriculture ont participé à des sessions de formation en Mauritanie portant sur les mêmes thématiques.

Des moyens logistiques prêts à être déployés

Sur le plan opérationnel, les préparatifs incluent la vérification et la maintenance des équipements destinés aux interventions sur le terrain. Les équipes veillent également à la disponibilité des véhicules et des pesticides adaptés pour d’éventuelles opérations de lutte.

Le dispositif prévoit en outre la mobilisation d’un avion destiné aux opérations de traitement aérien, si la situation l’exige. Des missions d’exploration régulières sont par ailleurs menées dans les zones désertiques par les équipes de la direction de la production agricole afin de détecter rapidement toute apparition de criquets.

M. Chniter a assuré que les agents concernés disposent de la formation nécessaire et restent prêts à intervenir à tout moment si la situation l’exige.

Coordination nationale et appui scientifique

Le directeur du CRDA Tataouine a également évoqué l’existence d’un suivi quotidien assuré par le ministère de l’Agriculture et les administrations centrales. Ce dispositif s’inscrit dans un cadre de coordination permanente entre les différentes structures impliquées dans la surveillance et la lutte contre le criquet pèlerin.

Il a aussi souligné la coopération avec des institutions de recherche scientifique et des structures spécialisées travaillant sur l’étude de cet insecte. Des échanges sont également menés avec des entreprises pharmaceutiques spécialisées dans la production de pesticides utilisés dans les opérations de lutte.

Un précédent récent au printemps 2025

Il convient de rappeler que la Tunisie a fait face à une invasion de criquets pèlerins ayant touché plusieurs gouvernorats du sud du pays entre mars et juin 2025. Elle a été confrontée à une recrudescence acridienne venue de Libye et d’Algérie. Des conditions climatiques et écologiques favorables – notamment des pluies importantes, une humidité du sol élevée et une abondance de végétation – avaient créé un environnement propice à la reproduction et à la propagation du criquet pèlerin.

Ce phénomène s’inscrivait dans un contexte régional marqué par des foyers récurrents en Afrique du Nord et dans les zones sahéliennes, faisant de ce ravageur une menace agricole transfrontalière.

Historiquement, la Tunisie a connu plusieurs vagues invasives. Celles de 1987–1988 et de 2004–2005 avaient notamment entraîné d’importantes pertes agricoles et nécessité le déploiement de vastes campagnes de lutte.

Les premiers groupes de criquets ailés avaient été détectés le 12 mars 2025 dans le sud du pays, ce qui avait conduit le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche à lancer immédiatement une campagne nationale de lutte.

Cette mobilisation avait concerné six gouvernorats : Tataouine, Médenine, Kébili, Tozeur, Gabès et le sud de Sidi Bouzid. Des moyens humains, techniques et logistiques importants avaient alors été déployés, notamment des véhicules tout-terrain, des unités de pulvérisation terrestre, un hélicoptère pour les traitements aériens, ainsi que des pesticides adaptés.

Les opérations de pulvérisation et de suivi intensif avaient été menées par les directions régionales du ministère avec l’appui d’équipes spécialisées. Au total, plus de 20.800 hectares avaient été traités, dont environ 5.770 hectares par voie aérienne, principalement dans les gouvernorats de Kébili, Tataouine et Médenine, les plus touchés par cette invasion.

I.N.

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *