Face à la confusion entourant la hausse du prix du poulet et des perturbations dans l’approvisionnement, le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, Brahim Nefzaoui, a apporté des précisions sur la situation du marché lors d’une intervention sur Jawhara FM, vendredi 13 mars 2026.
Selon lui, la disponibilité du poulet s’est sensiblement améliorée ces derniers jours, notamment dans les marchés de gros. Il a indiqué qu’au marché central de Tunis, environ une tonne et demie de poulets avait été livrée récemment, ce qui témoigne d’une reprise progressive de l’approvisionnement après une période marquée par des tensions. Les détaillants ont par ailleurs été appelés à respecter le prix plafonné fixé à 8,5 dinars le kilogramme et à éviter toute spéculation.
Brahim Nefzaoui a toutefois souligné que la situation actuelle était le résultat d’un ensemble de facteurs complexes affectant la filière avicole. Le premier facteur concerne les conditions naturelles et les cycles de production. Certains éleveurs, confrontés à des contraintes liées notamment aux conditions climatiques et à la disponibilité des ressources, ont temporairement ralenti leur activité dans l’attente d’une amélioration de la production.
Le deuxième facteur, plus préoccupant selon lui, tient aux pratiques d’accaparement observées chez certains opérateurs du marché. Ces derniers ont, selon ses dires, stocké la marchandise et imposent des conditions de vente afin de contourner les règles de fixation des prix. Le responsable a évoqué des situations dans lesquelles des intermédiaires exigeraient l’achat de quantités importantes de produits annexes ou réclameraient des paiements supplémentaires non déclarés afin de vendre la marchandise.
Certaines pratiques frauduleuses ont également été dénoncées. D’après Brahim Nefzaoui, des facturations fictives sont parfois utilisées pour dissimuler la vente de poulet à des prix supérieurs au plafond réglementaire. Dans d’autres cas, les factures mentionnent des produits différents ou des quantités inexactes, ce qui complique le contrôle des transactions par les autorités.
Le responsable a par ailleurs alerté sur le phénomène de vente spéculative. Certains acheteurs acquièrent des quantités importantes de poulets auprès des marchés de gros avant de les revendre dans les quartiers à des prix nettement plus élevés, atteignant parfois 11 ou 12 dinars le kilogramme. Afin de limiter ces dérives, les détaillants ont été appelés à restreindre les ventes à deux poulets par client afin d’éviter les achats massifs destinés à la revente.
Malgré ces difficultés, Brahim Nefzaoui a indiqué que plusieurs abattoirs continuent d’opérer dans des conditions normales et de fournir régulièrement le marché, contribuant ainsi à stabiliser progressivement l’offre. Il a salué le rôle de ces professionnels qui respectent les règles en vigueur et participent à l’approvisionnement du marché national.
Il a par ailleurs invité les consommateurs à jouer un rôle actif dans la régulation du marché en refusant d’acheter du poulet à des prix supérieurs au plafond officiel. Selon lui, la mobilisation des citoyens contre les pratiques spéculatives constitue un levier essentiel pour rétablir l’équilibre du marché, particulièrement à l’approche du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une hausse de la demande.
N.J










