Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, entame dimanche 15 mars 2026 une tournée dans les pays du Golfe, avec une première étape à Doha, au Qatar. Cette initiative diplomatique intervient dans un contexte régional particulièrement explosif, marqué par l’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères, ce déplacement s’inscrit dans le cadre d’une mission confiée par le président Abdel Fattah al-Sissi afin de coordonner les positions arabes face aux développements rapides dans la région et d’évaluer les conséquences du conflit en cours.
À Doha, le chef de la diplomatie égyptienne doit tenir plusieurs réunions de haut niveau consacrées à la situation sécuritaire régionale et aux moyens de favoriser une désescalade, en privilégiant la voie diplomatique.
Coordination régionale face à une crise majeure
Avant son départ, Badr Abdelatty s’est entretenu par téléphone avec son homologue jordanien Ayman Safadi. Les deux responsables ont évoqué l’escalade militaire actuelle et la nécessité de renforcer la concertation entre les pays arabes face aux risques de déstabilisation régionale.
Cette coordination intervient alors que plusieurs capitales arabes observent avec inquiétude l’extension possible du conflit, notamment après les attaques iraniennes menées par missiles et drones, qui ont contribué à accentuer les tensions au Moyen-Orient.
Une force arabe commune à nouveau évoquée
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, Le Caire semble également vouloir relancer une réflexion plus large sur l’architecture sécuritaire de la région.
Le ministre égyptien a ainsi évoqué la nécessité de définir dès à présent les arrangements régionaux qui pourraient être mis en place après la fin du conflit. Il a notamment insisté sur l’importance de réactiver les mécanismes d’action arabe commune, évoquant la possibilité de former une force arabe conjointe, une alliance militaire inspirée de l’OTAN.
Une telle initiative viserait, selon lui, à garantir la sécurité nationale des États arabes, à protéger leurs ressources stratégiques et à instaurer un environnement régional plus stable face aux menaces futures.
Un projet ancien rarement concrétisé
L’idée d’une force militaire arabe commune n’est toutefois pas nouvelle. Elle a déjà été évoquée à plusieurs reprises au cours de la dernière décennie, notamment après les bouleversements sécuritaires provoqués par les conflits en Syrie, en Libye ou encore au Yémen.
En 2015, une proposition similaire avait été discutée au sein de la Ligue arabe sous l’impulsion de l’Égypte, sans jamais aboutir à une mise en œuvre concrète, en raison notamment des divergences stratégiques entre les États de la région.
Le retour de cette idée dans le discours diplomatique du Caire reflète aujourd’hui les inquiétudes croissantes suscitées par l’évolution rapide de la situation au Moyen-Orient et la crainte d’un conflit régional de plus grande ampleur.
R.B.H










