Le mois de ramadan rime traditionnellement avec dépenses en Tunisie. Tout au long de ce mois sacré, cette règle se confirme : la circulation des espèces a atteint tous les deux à trois jours un niveau record, accentué par la nouvelle loi sur les chèques, qui limite à la fois leur nombre et leur montant.
Cash record : la barre des 28 milliards franchie, près de 21% de progression
Vendredi 13 mars 2026, le montant des billets et pièces en circulation a franchi la barre des 28,021 milliards de dinars, contre 23,243 milliards un an auparavant, selon les chiffres publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT) lundi 16 mars 2026. Cette hausse de 4,778 milliards de dinars représente une progression de 20,55% par rapport à la même période en 2025.
Depuis le démarrage du mois de ramadan plusieurs pics ont été enregistrés. Cette série de records succède à celle observée il y a un mois, après les intempéries et inondations, et s’ajoute aux sommets traditionnels enregistrés lors des vacances d’été, de la rentrée scolaire, ainsi que pendant l’Aïd El-Kébir et l’Aïd Esseghir, périodes marquées par une forte consommation.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que le cash a augmenté de plus d’un milliard de dinars en quelques semaines seulement, franchissant la barre des 27 milliards de dinars fin janvier 2026. Une telle progression suscite l’inquiétude, la hausse du cash étant généralement associée à l’évasion fiscale et au développement de l’économie informelle.
Le chèque recule face à l’explosion des espèces
Ce boom des espèces s’inscrit dans un contexte où le chèque, autrefois dominant parmi les moyens de paiement télécompensés, perd progressivement du terrain. Selon le bulletin « Des paiements en chiffres en Tunisie » pour l’année 2025 publié par la BCT, le chèque ne représente plus que 24,5% des montants et 13,5% du nombre des paiements télécompensés.
Le nombre de chèques télécompensés a chuté de 67,5%, passant de 24,5 millions fin 2024 à 7,9 millions fin 2025, tandis que leur montant total a diminué de 58,8%, pour s’établir à 53,48 milliards de dinars contre 129,67 milliards fin 2024.
Cette évolution, combinée à la suppression depuis octobre 2024 de l’obligation de justifier l’origine des sommes importantes en espèces, contribue à renforcer le recours au cash, particulièrement lors de périodes de dépenses soutenues, comme le ramadan.
I.N.














