Le nouveau bureau exécutif national de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), élu à l’issue du 26ᵉ congrès à Monastir, a tenu, mercredi 1er avril 2026, sa première réunion officielle au siège central de Tunis. Sous la présidence de Slaheddine Selmi, secrétaire général, le bureau a pris des mesures marquantes visant à consolider les finances de l’organisation et à réaffirmer ses priorités stratégiques.
Des mesures concrètes pour la gouvernance et les finances
Au terme de cette réunion, plusieurs décisions inédites ont été adoptées :
- Création d’une commission d’experts et de syndicalistes chargée d’élaborer un plan stratégique pour surmonter les difficultés financières de la Centrale syndicale.
- Suspension de la prime spéciale accordée aux membres du bureau exécutif national.
- Renonciation par le secrétaire général à la voiture mise à sa disposition, afin de renforcer les ressources financières de l’organisation.
- Réaffirmation du dialogue social comme mécanisme unique pour faire face aux défis économiques et sociaux.
- Appel à la solidarité et à l’unité des syndicalistes, au service des intérêts de tous les travailleurs du pays.
Ces décisions traduisent la volonté du nouveau bureau d’installer une gouvernance plus transparente, responsable et axée sur la bonne gestion financière.
Réaction à la suspension de la retenue directe sur les salaires
Rappelons que le gouvernement tunisien a récemment décidé de suspendre le mécanisme de retenue directe sur les salaires au titre de l’adhésion syndicale, une manne financière importante pour la centrale syndicale et son principal revenu. Face à cette mesure, l’UGTT et ses affiliés se sont rapidement mobilisés, qualifiant la décision de punitive.
Une large campagne a été lancée sur les réseaux sociaux pour encourager les travailleurs à renouveler leur adhésion et verser directement leurs cotisations au syndicat via ses structures locales. Cette mobilisation intervient alors que la centrale syndicale a été critiquée ces derniers temps pour sa mauvaise gestion, notamment financière, plusieurs observateurs, notamment ses propres affiliés, pointant du doigt les avantages jugés injustifiés et exorbitants dont bénéficieraient certains hauts cadres.
Un contexte de réconciliation et de dialogue social
Plus tôt dans la journée, Slaheddine Selmi avait rappelé que cette première rencontre visait à harmoniser les points de vue sur la stratégie de travail et sur la gestion des affaires générales de l’organisation. Il a insisté sur l’importance d’une réconciliation encadrée par les décisions du congrès, ouverte à tous les membres, tout en précisant que certains cas particuliers ne pourraient pas être abordés.
Le secrétaire général a également souligné la nécessité d’un dialogue social élargi, estimant que l’avenir économique et social de la Tunisie repose sur la concertation entre l’État, l’UGTT et les autres organisations nationales. « La Tunisie a besoin d’un dialogue social à tous les niveaux », a-t-il conclu.
Composition du nouveau bureau exécutif
Le congrès de l’UGTT, qui s’est tenu du 25 au 28 mars 2026, s’est soldé par l’élection de la liste « Stabilité et Défi » (Al Thabat wé Altahadi), dirigée par Slaheddine Selmi, qui a remporté l’ensemble des sièges en jeu. Le bureau exécutif national est composé de quinze membres :
- Slaheddine Selmi
- Ahmed Jaziri
- Boulbaba Salmi
- Jibran Bouraoui
- Wajih Zidi
- Taher Mezzi Berberi
- Taieb Bahri
- Mabrouk Toumi
- Nahla Sayadi
- Samia Amid El-Haji
- Selwan Sammiri
- Slim Bouzidi
- Othman Jelouli
- Fakhreddine Laouiti
- Salah Ben Hamed
Avec ce premier ensemble de décisions, le nouveau bureau exécutif de l’UGTT marque un tournant concret, en plaçant la transparence, la discipline financière et le dialogue social au cœur de ses priorités pour les mois à venir.
I.N.










