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Colère des guides touristiques face à la hausse des droits d’entrée aux musées et sites historiques

Par Imen Nouira

Entrer au Musée du Bardo ou aux sites de Carthage coûtera désormais beaucoup plus cher pour les touristes étrangers, avec des hausses pouvant atteindre 130% à partir du 1er avril 2026. Une augmentation soudaine qui a provoqué la colère de l’Union nationale des guides touristiques indépendants, pointant du doigt l’absence de concertation et les conséquences directes sur le travail des professionnels du tourisme.

Une décision imposée sans préavis

Dans un communiqué publié tard dans la soirée du dimanche 5 mars 2026, l’organistaion exprime sa « condamnation ferme » face à la révision des droits d’entrée aux musées et monuments historiques, telle qu’annoncée au Journal officiel n°34 du 31 mars 2026. Selon l’union, cette décision a été prise « sur le champ et imposée immédiatement, sans consultation ni préavis », engendrant « une confusion et un chaos aux guichets, et l’adoption de tarifs différents de ceux indiqués sur les billets » – une situation qui a placé de nombreux guides touristiques « dans des situations embarrassantes et humiliantes face aux touristes », nuisant directement à l’image de la Tunisie comme destination culturelle.

Les guides appelés à modifier leurs pratiques

L’Union nationale des guides touristiques indépendants souligne que le texte de l’arrêté conjoint de la ministre des Finances et de la ministre des Affaires culturelles « ignore complètement la situation des guides touristiques accompagnant les groupes ». Selon l’union, cette omission constitue « un précédent grave ouvrant la porte à l’arbitraire et compliquant le travail sur le terrain ».

Face à cette situation, l’organistaion recommande à ses membres « de se limiter à fournir les explications aux touristes à l’intérieur des bus ou à l’extérieur des sites, jusqu’à ce que le cadre légal soit révisé et clarifié, garantissant leur situation professionnelle et la protection de leur dignité ».

Une critique de la méthode administrative

Le communiqué dénonce également le recours au « style du “crayon sec” pour modifier les tarifs sur les documents officiels, une pratique inacceptable qui remet en cause la valeur comptable et la crédibilité administrative des billets, et traduit un désordre administratif et une bureaucratie préjudiciables à l’image du secteur ».

Des hausses ciblées et significatives pour les touristes étrangers

Selon l’arrêté publié le 27 mars 2026, les nouvelles hausses ciblent principalement les visiteurs étrangers :

  • Sites de catégorie A : trente dinars (contre 13 dinars en 2023, +130 %)
  • Catégorie B : vingt dinars (+66 %)
  • Catégorie C : dix dinars
  • Catégorie D : huit dinars
  • Catégorie E : cinq dinars

Une nouveauté notable est l’introduction d’un billet combiné Bardo-Carthage, fixé à 45 dinars en 2026 et 70 dinars en 2027. À partir de 2028, les tarifs standards seront relevés automatiquement de 5% par an. Plusieurs sites majeurs, dont Carthage, Kairouan et l’amphithéâtre d’El Jem, seront reclassés en catégorie A, entraînant mécaniquement une hausse de leurs prix d’accès.

En parallèle, les droits d’entrée pour les Tunisiens et résidents restent globalement inchangés, avec des prix allant de quatre à neuf dinars selon les sites et catégories, et les mesures de gratuité ou de tarifs réduits pour certaines catégories sociales (personnes handicapées, forces de sécurité, enseignants, jeunes) sont maintenues, avec un ajustement de l’âge pour les seniors bénéficiant de la réduction à 62 ans.

Des conditions plus strictes pour les agences et guides

L’arrêté durcit également les conditions pour bénéficier des réductions accordées aux agences de voyage : le seuil annuel pour obtenir une remise de 10% passe de 10.000 dinars à 20.000 dinars en 2026, puis à 30.000 dinars dès 2027. Cette mesure, combinée à des tarifs doublés ou triplés pour les visiteurs étrangers, constitue un test économique majeur pour la viabilité des agences locales.

Une réaction déjà exprimée par la Fi2T

La Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien (Fi2T) avait, elle aussi, dénoncé « une mesure prise sans concertation ». Dans un communiqué publié le vendredi 3 avril 2026, la fédération exprimait sa « stupéfaction » face à la révision tarifaire, jugée « précipitée et préjudiciable » pour les agences locales, contraintes par des contrats annuels avec des opérateurs étrangers.

« De facto, pour l’année 2026, cette augmentation tarifaire ne sera pas prise en charge par le tour-opérateur étranger ni par le client final… c’est l’agence de voyage tunisienne qui supportera toute cette charge impromptue, qui sera considérable », souligne la Fi2T, ajoutant ironiquement : « Belle manière d’encourager les opérateurs du tourisme culturel ! Quel gâchis ! »

Pour la Fi2T, ces hausses immédiates, combinées à l’effet rétroactif sur les forfaits déjà vendus, pourraient coûter plusieurs milliers de dinars aux agences tunisiennes dès 2026.

I.N.

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