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« Je suis un criminel de la blague » : Lotfi Abdelli répond à sa condamnation entre ironie et dénonciation

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Par Raouf Ben Hédi

« Je suis un criminel de la blague, un trafiquant de mots, un récidiviste de la poésie, et mon seul délit… c’est la vérité ».
C’est par ces mots, à la fois ironiques et amers, que l’acteur et humoriste Lotfi Abdelli a réagi, samedi 18 avril 2026, à sa condamnation à 18 mois de prison.

Une sentence lourde, prononcée par contumace par la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Sfax 1, dans une affaire remontant à l’été 2022. À l’origine, un spectacle présenté dans le cadre du Festival international de Sfax, au théâtre de Sidi Mansour. Une performance qui avait suscité la colère d’une structure syndicale relevant des forces de sécurité, laquelle avait déposé plainte pour des propos jugés offensants.

Un sketch, trois infractions, dix-huit mois de prison

Dans son jugement, le tribunal a retenu trois chefs d’accusation : outrage à un fonctionnaire public, attribution de faits non prouvés à un agent public et atteinte aux bonnes mœurs. Trois qualifications, trois peines de six mois chacune, soit un total de 18 mois de prison.

Jugé en son absence, l’artiste résidant à l’étranger depuis plusieurs années, Lotfi Abdelli conserve néanmoins la possibilité de contester cette décision, conformément aux procédures en vigueur.

L’humour à l’épreuve du pénal

Ce qui est reproché ici à l’humoriste ne relève ni d’un acte matériel, ni d’une infraction tangible, mais bien de mots. Des mots prononcés sur scène, dans un cadre artistique, avec ce que cela suppose d’exagération, de satire et de provocation. En somme, tout ce qui constitue l’essence même de l’humour.

Transformer une performance artistique en affaire pénale, c’est franchir une ligne délicate. Celle où la justice devient l’arbitre du rire et où la subjectivité des sensibilités se substitue à la liberté de création.

Ainsi, la réaction de Lotfi Abdelli, entre autodérision et dénonciation, résonne comme un symptôme. Celui d’un climat où l’expression, notamment artistique semble de plus en plus exposée, sinon menacée.

R.B.H

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Commentaire

  1. Mhammed Ben Hassine

    Répondre
    18 avril 2026 | 17h03

    L’humour à l’épreuve du pénal
    L’économie à l’épreuve du pénal
    Le risque banquaire à l’épreuve du pénal
    Le financement de leconomie et la creation emploi/richesse à l’épreuve du pénal
    Quoi t il d’autres qui n’est pas à l’épreuve du pénal
    Vivre dignement ?

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