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Produits importés : tour de vis de la Sotumag à Bir El Kassaa

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Par Imen Nouira

    Face aux tensions régionales et aux impératifs croissants de contrôle des circuits commerciaux, la Société tunisienne des marchés de gros (Sotumag) resserre les règles applicables aux importateurs opérant au marché de Bir El Kassaa.

    Dans un communiqué daté du lundi 20 avril 2026 et signé par son président-directeur général, Sofiene Tarmiz, l’entreprise publique précise que ces mesures s’inscrivent dans le cadre du suivi des opérations de ravitaillement du marché.

    Dépôt obligatoire des dossiers d’importation

    Selon la Sotumag, les importateurs qui assurent l’approvisionnement des agents de vente devront désormais déposer les dossiers relatifs à leurs opérations d’importation auprès des agents de contrôle relevant de la société, au niveau de la porte principale du marché.

    Les dossiers exigés devront comporter un ensemble de documents justificatifs, à savoir :

    • les déclarations douanières liées aux opérations d’importation ;
    • les factures d’achat des produits ;
    • les certificats d’origine ;
    • les cartes de passage de la santé végétale ;
    • les cartes de traçabilité des circuits de distribution.
    Obligation de transmettre les bons de livraison

    La société indique également que les importateurs seront tenus de remettre aux agents de vente les bons de livraison relatifs aux opérations d’approvisionnement.

    Ces documents devront mentionner les quantités livrées, ventilées selon chaque produit concerné.

    Renforcement du contrôle et de la traçabilité

    À travers cette décision, la Sotumag cherche visiblement à renforcer les mécanismes de contrôle au sein du principal marché de gros du pays, tout en améliorant la traçabilité des marchandises importées entrant sur le site de Bir El Kassaa.

    Le renforcement des procédures peut également être interprété comme un moyen de lutter contre les circuits parallèles, l’introduction de marchandises d’origine douteuse ou insuffisamment documentées, ainsi que contre les pratiques de contrebande susceptibles de perturber les circuits officiels de distribution.

    Ces mesures pourraient aussi contribuer à limiter les situations de concentration excessive de l’offre, les tentatives de monopole ou encore les phénomènes de spéculation sur certains produits sensibles, en imposant une meilleure transparence sur les volumes commercialisés et leur provenance.

    Cette orientation intervient dans un contexte marqué par une attention accrue portée à l’organisation des circuits de distribution, à la transparence des flux commerciaux ainsi qu’au respect des procédures réglementaires liées à l’importation et à la commercialisation des produits alimentaires et agricoles.

    Un contexte économique régional sensible

    Elle s’inscrit également dans un environnement régional marqué par la guerre au Moyen-Orient et les incertitudes qu’elle fait peser sur les échanges commerciaux, les coûts logistiques, les chaînes d’approvisionnement et les prix des matières premières.

    Pour la Tunisie, pays importateur de plusieurs produits stratégiques, toute tension extérieure accroît la nécessité de sécuriser les circuits d’approvisionnement, de rationaliser les flux commerciaux et de mieux encadrer les marchandises entrant sur le marché national.

    Elle coïncide également avec le récent durcissement des conditions de financement des importations décidé par la Banque centrale de Tunisie (BCT), qui a restreint l’accès au financement pour certaines importations jugées non prioritaires et exigé, dans plusieurs cas, une couverture intégrale préalable.

    Un marché stratégique pour l’approvisionnement national

    Le marché de Bir El Kassaa occupe une place centrale dans l’approvisionnement des marchés tunisiens en fruits, légumes et divers produits agricoles. Toute évolution des procédures appliquées sur ce site revêt ainsi une importance particulière pour les opérateurs économiques actifs dans la chaîne de distribution.

    Avec ces nouvelles exigences administratives, la Sotumag entend mieux encadrer les flux de produits importés destinés à la vente en gros, tout en assurant un suivi plus rigoureux des transactions opérées entre importateurs et agents de vente.

    I.N.

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