La tension autour des libertés de la presse refait surface. Dans un communiqué publié jeudi 23 avril 2026, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé les circonstances de l’interpellation de la journaliste Yathreb Mechri, fondatrice du site Tunisia24, qualifiant l’incident d’atteinte à la liberté du travail journalistique.
Une interpellation lors d’un reportage en plein centre de Tunis
Selon le syndicat, la journaliste a été arrêtée mercredi 22 avril alors qu’elle réalisait un reportage sur l’avenue Avenue Habib Bourguiba, au cœur de la capitale. Elle a été conduite au poste de police de Bab Bhar avant d’être transférée à la brigade de la police judiciaire compétente.
D’après son témoignage relayé par le SNJT, elle n’était ni recherchée ni visée par une procédure judiciaire au moment des faits, et se trouvait simplement dans l’exercice de ses fonctions.
Une audition contestée sur le plan procédural
Le communiqué pointe plusieurs irrégularités. La journaliste aurait été entendue malgré sa demande de report en l’absence de son avocat et sans convocation officielle préalable, éléments considérés comme essentiels pour garantir les droits de la défense.
Le SNJT précise également qu’elle avait déjà été auditionnée dans le cadre du même dossier, lié notamment à des contenus publiés sur son site ainsi qu’à des aspects de gestion financière de son média.
La situation s’est complexifiée lorsqu’un citoyen s’est présenté au poste pour déposer plainte contre elle, en lien avec une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux du site. Une confrontation a eu lieu, à l’issue de laquelle la journaliste s’est engagée à supprimer la vidéo en question.
Le SNJT dénonce des «dépassements » et appelle au respect du cadre légal
Dans sa réaction, le syndicat a exprimé sa solidarité avec la journaliste ainsi qu’avec les journalistes indépendants ayant récemment lancé leurs propres structures médiatiques. Il a fermement rejeté toute poursuite en dehors du cadre légal régissant la profession.
Le SNJT a également interpellé le Ministère de l’Intérieur sur ce qu’il qualifie de « manquements procéduraux », notamment l’interpellation sans motif légal clair et l’absence de convocation officielle.
Un climat sous surveillance
Cet incident intervient dans un contexte marqué par une vigilance accrue des organisations professionnelles sur les conditions d’exercice du métier de journaliste en Tunisie.
Pour le SNJT, la multiplication de ce type de situations pourrait constituer un précédent préoccupant, susceptible d’affecter durablement la liberté de la presse et d’expression dans le pays.
S.H










