La machine parlementaire s’active et cette fois, c’est sous le soleil. Vendredi 24 avril 2026, la commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement à l’Assemblée des représentants du peuple a adopté cinq projets de loi portant sur des accords de concession pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables, principalement via des stations photovoltaïques.
Derrière la technicité des textes (numérotés 01 à 05 pour l’année 2026) se dessine une orientation plus large : celle d’un virage, encore prudent mais assumé, vers une production énergétique moins dépendante des énergies fossiles.
Une adoption sans accroc
Réunie sous la présidence de Mohamed Amine Mbareki, la commission a approuvé ces projets à la majorité des membres présents, en présence notamment du vice-président Adnane Allouch, du rapporteur Mohamed Ali Fniyra et de plusieurs députés.
Comme souvent dans ce type de séquence, la procédure a suivi son cours sans heurts : lecture du rapport de la commission consultative chargée du plan stratégique et du développement durable, examen des textes, puis vote : d’abord sur les intitulés, ensuite sur l’article unique, avant une adoption globale.
La commission a, dans la foulée, mandaté son bureau pour finaliser le rapport, conformément à l’article 67 du règlement intérieur de l’Assemblée.
Le solaire, entre nécessité et retard
Au-delà de la formalité parlementaire, ces accords traduisent une pression de plus en plus forte : celle d’un modèle énergétique à bout de souffle. La Tunisie, fortement dépendante des importations d’énergie, voit sa facture énergétique s’alourdir, tandis que les impératifs climatiques deviennent difficiles à contourner.
Dans ce contexte, le recours au solaire n’est plus seulement un choix stratégique, il devient une nécessité économique et politique. Le pays dispose d’un potentiel solaire important, encore largement sous-exploité, alors même que la demande en électricité continue d’augmenter.
Ces projets de concessions s’inscrivent ainsi dans une dynamique plus large : attirer les investissements, diversifier le mix énergétique et tenter, progressivement, de réduire la vulnérabilité énergétique du pays.
Reste une question, en filigrane : ces avancées marquent-elles une véritable accélération, ou simplement une mise à jour tardive d’une transition engagée depuis des années, mais souvent freinée par des lenteurs administratives, des hésitations politiques et un cadre réglementaire mouvant ?
S.H










