La Société des transports de Tunis (Transtu) accélère son programme de modernisation du réseau ferroviaire du Grand Tunis, avec des projets d’acquisition portant sur 48 nouvelles rames, dont trente destinées au métro et 18 à la ligne Tunis–La Goulette–La Marsa (TGM).
Intervenant mercredi 29 avril 2026 sur Mosaïque FM, Oussama Hammami, chef de division des ateliers de maintenance du dépôt de la Transtu, a indiqué que ces deux procédures d’acquisition sont actuellement en phase de finalisation. Les contrats devraient être signés au début du second semestre 2026.
Il a précisé que ces rames seront « modernes, dotées des dernières technologies et de qualité », soulignant qu’il s’agira exclusivement de matériel neuf et non de rames d’occasion. Le coût d’une seule rame est estimé à environ quatre millions d’euros, ce qui représente un investissement global particulièrement conséquent pour l’entreprise publique.
Des délais longs, propres au ferroviaire
Le responsable a insisté sur la spécificité des acquisitions dans le secteur ferroviaire, qui obéissent à des procédures plus longues que celles des autres moyens de transport terrestre, en raison des exigences techniques et contractuelles.
Selon le calendrier avancé, la mise en service de la nouvelle flotte de métro et de TGM est attendue pour fin 2027.
Une modernisation globale du réseau
Au-delà du renouvellement du matériel roulant, ce programme s’accompagne de travaux de maintenance sur le réseau actuel, ainsi que d’opérations de mise à niveau des dépôts et de formation des agents.
Oussama Hammami a également évoqué la poursuite des travaux sur les infrastructures, notamment au niveau des ouvrages d’art, dans le cadre d’un chantier global visant à améliorer la qualité et la fiabilité du transport ferroviaire dans le Grand Tunis.
À ce titre, des interventions sont en cours sur la ligne TGM, entraînant une interruption partielle du trafic entre « Tunis Marine » et « La Goulette Casino » jusqu’au 3 mai 2026, avec la mise en place de solutions de transport alternatives pour les usagers.
M.B.Z












Commentaire
HatemC
La Tunisie consomme de la technologie, mais ne la produit pas.
48 nouvelles rames.
Près de 200 millions d’euros.
Ce que font les autres pays (modèle réaliste)
Des pays comparables à la Tunisie ont trouvé des solutions intelligentes :
Maroc : partenariat avec Alstom pour les tramways de Rabat/Casablanca → assemblage partiel + maintenance locale
Égypte : accords avec Siemens Mobility → transfert progressif + industrie ferroviaire en développement
Turquie : montée en gamme progressive avec Hyundai Rotem puis production locale
Le point commun : on ne commence jamais par 100 % local.
Ce que la Tunisie devrait faire (concrètement)
Conditionner les appels d’offres
– 30–40 % de contenu local minimum
– transfert de savoir-faire obligatoire
Créer un pôle ferroviaire
– partenariat avec un leader (Alstom, CAF, CRRC…)
– localisation proche de Tunis ou Bizerte
– Former massivement
– ingénieurs + techniciens spécialisés ferroviaire
La Tunisie dépense des centaines de millions pour importer des trains … alors qu’elle pourrait importer le savoir-faire.
À chaque renouvellement du parc ferroviaire, le scénario est le même :
on lance un appel d’offres, on importe des rames “dernier cri”, on paie cash… puis on recommence 15 ans plus tard.
Entre-temps ?
Aucune industrie.
Aucun transfert de savoir-faire.
Aucune montée en compétence.