L’ingénieur en halieutique et en environnement Hamdi Hached a alerté, jeudi 30 avril 2026 sur Express FM, sur des indicateurs climatiques jugés préoccupants à l’approche de l’été, en lien avec un possible retour du phénomène El Niño.
Un phénomène naturel aux effets globaux
El Niño correspond à un réchauffement anormal des eaux de surface dans la partie est de l’océan Pacifique. Bien qu’il s’agisse d’un phénomène localisé, ses répercussions sont mondiales, en raison de son influence sur les courants atmosphériques, notamment les courants-jets.
Selon Hamdi Hached, la planète sort progressivement d’une phase La Niña et pourrait entrer dans une phase neutre, avec une probabilité estimée à 60% de développement d’El Niño durant l’été 2026.
Un épisode potentiellement exceptionnel
S’appuyant sur les modèles climatiques et les simulations numériques, l’expert souligne que l’épisode attendu pourrait atteindre une intensité rarement observée, évoquant la possibilité d’un phénomène parmi les plus puissants enregistrés depuis près de 150 ans.
Cette projection repose notamment sur une accumulation inhabituelle de chaleur sous la surface de l’océan Pacifique, formant une réserve thermique importante susceptible de remonter et d’accélérer le développement du phénomène au cours du second semestre 2026.Des conséquences climatiques extrêmes
Parmi les impacts attendus figurent des perturbations des régimes de mousson, des menaces sur l’agriculture et une multiplication des événements météorologiques extrêmes : fortes pluies, inondations ou encore sécheresses prolongées.
Pour la Tunisie, les effets seraient indirects mais bien réels. Ils pourraient se traduire par des vagues de chaleur plus longues ou, à l’inverse, par des précipitations intenses et soudaines de type « crues éclairs ».
Trois signaux à surveiller :
Hamdi Hached résume les principaux indicateurs à suivre :
- une hausse marquée des températures sur terre
- un réchauffement notable des eaux marines
- la possibilité de pluies estivales inhabituelles
Il rappelle également que les épisodes climatiques récents trouvent souvent leur origine dans des accumulations de chaleur antérieures, notamment au niveau des mers.
Une Méditerranée particulièrement vulnérable
L’expert insiste enfin sur le rôle clé de la mer Méditerranée, dont les températures ont récemment dépassé les 30°C, soit bien au-delà des normales saisonnières situées entre 21 et 26°C.
Habituellement régulatrice du climat, la mer peut, en cas de surchauffe, devenir un facteur aggravant, favorisant des phénomènes extrêmes pouvant s’étendre jusqu’à l’hiver.
Dans ce contexte, Hamdi Hached appelle à la vigilance face à une évolution climatique dont l’ampleur pourrait être exceptionnelle.
M.B.Z










