Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Slaheddine Selmi, a reçu, lundi 4 mai 2026, le bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie, Boubaker Bethabet, au siège de la centrale syndicale, lors d’une rencontre marquée par la volonté affichée de consolider les liens historiques entre les deux organisations nationales.
À cette occasion, Boubaker Bethabet a présenté, au nom de l’Ordre national des avocats, ses félicitations au nouveau bureau exécutif de l’UGTT, rappelant la profondeur des relations historiques entre les deux structures et la nécessité de les renforcer autour des principes nationaux communs.
De son côté, Slaheddine Selmi a réaffirmé l’attachement de la centrale syndicale à consolider ses relations avec l’Ordre des avocats, évoquant un parcours militant commun et un engagement partagé dans les différentes étapes et crises traversées par le pays. Il a également insisté sur l’importance de développer davantage la coopération entre ces deux organisations historiques.
Une rencontre sur fond de bras de fer avec les autorités
Cette rencontre intervient dans un climat particulièrement tendu au sein du barreau tunisien. Réunis en assemblée générale extraordinaire le 1er mai, les avocats ont décidé d’observer une grève générale et de boycotter plusieurs chambres judiciaires, dénonçant des violations des procédures, des atteintes aux droits de la défense et une dégradation continue des conditions d’exercice de la profession.
Le mouvement marque une nouvelle étape dans le bras de fer engagé avec les autorités, alors que la profession déplore l’absence de concertation avec le ministère de la Justice malgré la transmission, en début d’année, d’une plateforme détaillée de revendications.
Au-delà des revendications professionnelles, les avocats alertent sur une crise plus profonde touchant au fonctionnement de l’appareil judiciaire, évoquant des pratiques jugées contraires aux garanties fondamentales du procès équitable et une pression croissante sur l’exercice quotidien de la défense.
Dans ce climat de crispation, ce rapprochement affiché entre l’UGTT et l’Ordre des avocats donne une résonance particulière à cette rencontre, alors que les questions liées à l’indépendance de la justice, aux libertés publiques et au dialogue institutionnel occupent une place de plus en plus centrale dans le débat national.
M.B.Z











