Dans un communiqué publié le 7 mai 2026, un groupe de députés de l’Assemblée des représentants du peuple a critiqué la décision de la cheffe du gouvernement de reporter les séances plénières ainsi que les réunions de dialogue avec les ministres et les directeurs généraux jusqu’à la fin du mois de mai.
Les signataires du texte affirment qu’au moment où le Parlement cherchait à accélérer l’examen de plusieurs projets jugés prioritaires pour l’économie nationale et la situation sociale, notamment les projets relatifs au Code des changes, au Code de l’investissement, au Code des eaux, au Code forestier ainsi qu’au projet de loi portant création de la Cour constitutionnelle, ils ont été surpris par cette demande de suspension des activités parlementaires afin de permettre au gouvernement de se consacrer pleinement à son travail.
Les députés estiment que cette décision constitue « une violation explicite » de l’article 114 de la Constitution, en particulier de son troisième alinéa, qui prévoit que l’Assemblée des représentants du peuple et le Conseil national des régions et des districts peuvent convoquer le gouvernement ou l’un de ses membres afin de débattre de la politique suivie et des résultats obtenus ou en cours de réalisation.
Le communiqué souligne également que « l’unité de l’État ne permet pas l’arrêt du fonctionnement d’un de ses pouvoirs dans l’attente de l’accomplissement du travail d’un autre pouvoir », ajoutant que les relations entre les différentes fonctions de l’État ne peuvent être suspendues, même temporairement.
Les députés avertissent par ailleurs que l’absence des membres du gouvernement, même pour une période limitée, lors des travaux des commissions parlementaires pourrait avoir un impact négatif sur la qualité des propositions et projets de loi ainsi que sur la complémentarité nécessaire entre les deux pouvoirs.
À la lumière de ces éléments, les signataires appellent le gouvernement à revenir sur sa décision.
Le communiqué a été signé par les députés Abderrazek Aouidet, Massoud Grira, Taher Ben Mansour, Mohamed Ali, Dhouha Salmi, Boubaker Yahya, Mahmoud Chelghaf, Thamer Mazhoud, Bouthaina Ghanmi, Ridha Delaï, Abdessalem Hamrouni et Ali Bouzouzia.
S.F












