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Photovoltaïque : le Conseil des régions appelé à trancher sur cinq projets à 1,6 milliard de dinars

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Par Myriam Ben Zineb

    Après un premier feu vert obtenu à l’Assemblée des représentants du peuple, le dossier des cinq centrales photovoltaïques n’a pas fini de faire parler de lui. Mercredi 13 mai 2026, les regards se tourneront de nouveau vers le Bardo, où le Conseil national des régions et des districts tiendra une séance plénière particulièrement attendue pour se prononcer, à son tour, sur les conventions liées à ces mégaprojets énergétiques.

    À l’ordre du jour : cinq projets de loi portant sur l’approbation de concessions de production d’électricité à partir de l’énergie solaire, réparties entre Sidi Bouzid, Gafsa et Gabès, précisément à El Khbena, Mezzouna, El Ksar, Sagdoud et Menzel Habib.

    Une plénière qui s’annonce tout sauf formelle

    Un vote déjà acquis à l’ARP… mais une polémique loin d’être close.

    Ces textes ont déjà franchi une première étape décisive le 28 avril dernier à l’Assemblée des représentants du peuple. Les cinq conventions ont été adoptées, certes, mais sans unanimité, révélant des fractures bien réelles autour d’un dossier présenté par l’exécutif comme stratégique pour l’avenir énergétique du pays.

    Derrière les chiffres des votes, un débat de fond s’est imposé : place du privé dans un secteur sensible, engagements contractuels pouvant aller jusqu’à 25 ans, garanties juridiques, souveraineté énergétique… autant de questions qui ont nourri des échanges parfois tendus et qui devraient ressurgir lors de la séance du 13 mai.

    Le gouvernement sort l’artillerie des chiffres

    Conscient des résistances, le gouvernement a déjà commencé à préparer le terrain.

    Lundi 4 mai, la commission de l’Investissement et de la coopération internationale du Conseil national des régions et des districts, présidée par Imed Derbali, a auditionné Samir Abdelhafidh ainsi que Wael Chouchane, venus défendre ces conventions chiffres à l’appui.

    Le constat présenté aux élus est alarmant. Les ressources nationales en énergie primaire sont passées de 8,3 millions de tonnes équivalent pétrole en 2010 à seulement 3,4 millions en 2025, alors que la consommation demeure élevée. Résultat : un déficit énergétique estimé à près de 65%.

    À cela s’ajoute une facture qui pèse lourd : plus de onze milliards de dinars de déficit commercial énergétique en 2025 et une compensation énergétique dépassant les sept milliards de dinars.

    Cinq centrales, 1,6 milliard de dinars et des promesses d’économies

    Au total, ces cinq projets représentent près de 1,6 milliard de dinars d’investissement.

    Le site d’El Khbena figure parmi les plus ambitieux, avec une capacité annoncée de près de 198 mégawatts. À Sagdoud, les projections officielles évoquent déjà plusieurs dizaines de millions de dinars d’économies annuelles sur les importations de gaz naturel.

    Les autorités assurent également que l’ensemble des projets permettra de réduire la dépendance énergétique du pays, de renforcer la production nationale et de soutenir l’objectif fixé par la Tunisie : porter la part des énergies renouvelables à 50% de la production électrique d’ici 2035.

    Transparence, arbitrage, Steg… les élus veulent des garanties

    Mais au Conseil des régions, plusieurs interrogations demeurent. Tarification de l’électricité, règlement d’éventuels litiges, place accordée aux entreprises tunisiennes, capacité du réseau national à absorber cette nouvelle production ou encore possibilité d’exportation… les élus ont multiplié les questions lors des auditions préparatoires.

    Le gouvernement a assuré que toute l’électricité produite sera injectée dans le réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, seule habilitée à la distribuer — et éventuellement à l’exporter — tout en affirmant que les juridictions tunisiennes resteront le cadre privilégié en cas de contentieux.

    Mercredi 13 mai, au Bardo, bien plus que cinq projets solaires, c’est une certaine vision de la souveraineté énergétique tunisienne qui sera mise au vote.

    M.B.Z

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