Une vaste opération d’évacuation internationale se met en place autour du paquebot de luxe MV Hondius, désormais au cœur d’une inquiétante crise sanitaire en haute mer. Frappé par une épidémie mortelle d’hantavirus alors qu’il faisait route vers les îles Canaries, le navire mobilise désormais plusieurs États européens, les États-Unis, le Royaume-Uni ainsi que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un climat de forte tension et d’inquiétude croissante.
Une course contre la montre pour évacuer les passagers
Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a confirmé samedi 9 mai 2026 à Madrid que l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas coordonnaient déjà des opérations aériennes spéciales afin d’évacuer leurs ressortissants bloqués à bord, selon Reuters. Deux avions supplémentaires seront également mobilisés par l’Union européenne pour prendre en charge les passagers européens ne disposant pas de vols nationaux dédiés.
Selon les autorités espagnoles, les États-Unis et le Royaume-Uni préparent eux aussi des plans d’urgence afin de rapatrier leurs citoyens.
Le MV Hondius, navire néerlandais parti d’Argentine pour une croisière de 46 jours entre l’Antarctique, les îles Malouines, Sainte-Hélène et les Canaries, est attendu au large de Tenerife dans la nuit de samedi à dimanche. Le paquebot devrait jeter l’ancre entre 03h00 et 05h00 GMT.
Les autorités veulent impérativement mener l’évacuation entre dimanche midi et lundi après-midi, craignant une détérioration rapide des conditions météorologiques dans l’Atlantique qui pourrait compliquer, voire retarder, les opérations.
Trois morts et la crainte d’une transmission entre humains
Ce qui devait être une croisière d’exception a progressivement viré au scénario de crise sanitaire internationale.
Trois décès ont déjà été enregistrés. Parmi les victimes figure le biologiste néerlandais Leo Schilperoord, 69 ans, mort le 11 avril après avoir développé des symptômes sévères. Son épouse, également contaminée, est décédée le 26 avril à Johannesburg. Une troisième victime a été recensée, sans que son identité ne soit rendue publique.
Plusieurs autres passagers ont été infectés, déclenchant une vaste opération internationale de traçage des contacts.
L’inquiétude des autorités sanitaires s’est encore accentuée avec l’hypothèse d’une implication de la souche Andes, seule forme connue d’hantavirus susceptible — bien que rarement — de se transmettre d’humain à humain. Des analyses spécialisées sont actuellement menées en Afrique du Sud, en Angleterre et en France afin de déterminer si cette souche est effectivement en cause.
Vendredi, l’OMS a indiqué que huit personnes avaient présenté des symptômes compatibles avec l’infection, dont six cas confirmés et deux cas suspects.
L’OMS mobilisée face à une crise sanitaire sous haute surveillance
L’ampleur prise par l’affaire a poussé l’OMS et l’Union européenne à demander officiellement à l’Espagne de prendre en charge la gestion de la crise sanitaire après le départ du navire des côtes du Cap-Vert mercredi.
Selon plusieurs médias internationaux, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, doit rencontrer samedi après-midi le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, avant de se rendre à Tenerife avec les ministres espagnols de l’Intérieur et de la Santé afin de superviser personnellement les opérations.
À l’arrivée du paquebot, l’ensemble des passagers ainsi que 17 membres d’équipage seront évacués. Une trentaine d’autres marins resteront toutefois à bord pour acheminer le navire jusqu’aux Pays-Bas, où une désinfection complète devra être menée.
Selon l’OMS, les hantavirus sont des virus zoonotiques transmis principalement par des rongeurs infectés, qui constituent leurs réservoirs naturels. Chez l’être humain, les infections restent rares mais peuvent provoquer des formes extrêmement graves, parfois mortelles.
Dans les Amériques, certaines souches provoquent le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (HCPS), une maladie foudroyante pouvant entraîner une détresse respiratoire aiguë. En Europe et en Asie, les hantavirus sont davantage associés à des formes hémorragiques affectant les reins et le système vasculaire, avec des complications potentiellement sévères.
N.J












