La condamnation du journaliste Zied El-Heni continue de faire réagir. Ce lundi 11 mai 2026, Amnesty International Tunisie a publié un communiqué particulièrement ferme dans lequel l’organisation exprime sa vive inquiétude après la peine d’un an de prison prononcée contre le journaliste, y voyant « une escalade dangereuse contre les journalistes et la liberté d’expression en Tunisie ».
Dans son texte, Amnesty ne mâche pas ses mots. L’ONG estime que l’emprisonnement d’un journaliste en raison de ses positions ou de ses opinions critiques constitue « une violation manifeste de la liberté de la presse » et « un message d’intimidation adressé à toutes les voix indépendantes et critiques ». Elle insiste également sur le fait que la justice et les dispositions pénales ne doivent pas être utilisées pour punir des journalistes pour leur travail ou pour l’expression pacifique de leurs opinions.
L’organisation appelle ainsi les autorités tunisiennes à libérer immédiatement Zied El-Heni, à annuler le jugement rendu à son encontre et à mettre un terme aux poursuites visant des journalistes pour l’exercice de leur droit à la liberté d’expression.
Cette prise de position intervient quatre jours après la décision rendue par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis. Jeudi 7 mai, le journaliste a été condamné à une année de prison.
Depuis la prison de Mornaguia, Zied El-Heni avait aussitôt affiché son refus de reconnaître la procédure engagée contre lui. « Tant que ce procès est illégitime, je ne le reconnais pas, ni aucun des verdicts qui en découlent, et je ne ferai pas appel du verdict prononcé contre moi », avait-il déclaré depuis sa cellule.
L’affaire trouve son origine dans une enquête judiciaire ouverte à la suite de déclarations publiques du journaliste. Les poursuites engagées s’appuient notamment sur l’article 86 du Code des télécommunications, un texte régulièrement contesté par les défenseurs des libertés, qui dénoncent son recours de plus en plus fréquent dans des dossiers liés à la liberté d’expression.
Son incarcération avait déjà provoqué une onde de choc dans les milieux médiatiques et organisations de la société civile, qui ont décnoncé une atteinte à la liberté de la presse.
M.B.Z












