Depuis la prison de Mornaguia, le journaliste Zied El-Heni a publié ce mercredi 6 mai 2026 un message dans lequel il revient sur sa situation judiciaire. Il affirme faire face, pour la dixième fois au cours de sa carrière, à des poursuites engagées en raison d’une opinion ou d’une position exprimée dans le cadre de son activité professionnelle.
La défense du décret-loi 115 au cœur de son combat
Dans son texte, le journaliste met en avant son engagement en faveur du décret-loi 115 relatif à la liberté de la presse, qu’il considère aujourd’hui menacé. Il rappelle avoir contribué à son élaboration en tant que représentant du Syndicat national des journalistes tunisiens au sein de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution.
Par ailleurs, il plaide pour l’exclusion de l’article 86 du Code des télécommunications dans les affaires liées à la liberté d’expression.
Pour rappel, Zied El-Heni avait été placé en détention à la suite d’une enquête judiciaire liée à des déclarations publiques, avec notamment des poursuites fondées sur l’article 86 du Code des télécommunications, un texte régulièrement critiqué par les défenseurs des libertés pour son utilisation dans des affaires touchant à l’expression. Son incarcération avait suscité de nombreuses réactions au sein de la profession journalistique et d’organisations de la société civile, dénonçant une atteinte à la liberté de la presse.
Une procédure contestée sur le plan juridique
Zied El-Heni conteste la légalité des poursuites engagées à son encontre. Il affirme que la procédure n’aurait pas été initiée sur la base d’un rapport sécuritaire ou d’une plainte formelle, mais à partir d’instructions verbales.
Il évoque également des violations de ses droits, notamment son placement en garde à vue suivi d’un mandat de dépôt qu’il juge dépourvu de fondement juridique.
Refus de reconnaître le procès et ses implications
Dans ce contexte, le journaliste indique ne pas reconnaître cette procédure judiciaire ni les décisions qui pourraient en découler. Il précise qu’il n’entend pas faire appel du jugement prononcé à son encontre.
Il insiste toutefois sur le fait que cette position ne constitue pas une remise en cause des institutions de l’État, mais plutôt une forme de protestation contre ce qu’il qualifie de dysfonctionnements.
Sur le plan personnel, Zied El-Heni se veut rassurant. Il affirme bénéficier d’un suivi médical et de conditions de détention correctes. Il assure également disposer de la force morale nécessaire pour poursuivre son combat.
S.H











