Un collectif de soutien au journaliste Zied El-Heni a publié une lettre ouverte l’appelant à faire appel du jugement d’un an de prison prononcé à son encontre le 7 mai 2026.
Les signataires, dont le nombre s’élève actuellement à près de 200 personnes, réaffirment leur solidarité avec le journaliste, sa famille ainsi qu’avec l’ensemble des professionnels des médias, dénonçant une décision judiciaire qu’ils qualifient d’injuste, dans un contexte marqué, selon eux, par le recul des libertés en Tunisie.
« Faire appel pour continuer à dénoncer »
Dans cette lettre, les auteurs expliquent comprendre la décision de Zied El-Heni de refuser de participer à ce qu’ils considèrent comme une « parodie de justice ». Ils estiment toutefois que la procédure d’appel pourrait constituer une nouvelle occasion de dénoncer publiquement les atteintes à la liberté d’expression et les dérives du système judiciaire.
Selon eux, l’appel ne reviendrait pas à reconnaître la légitimité du procès, mais permettrait au contraire de prolonger l’espace de contestation et de maintenir le débat public autour de la liberté de la presse et du droit à la critique.
Le texte adopte également une tonalité politique plus large, dénonçant un climat de peur et d’autocensure. Les signataires affirment que le silence profiterait davantage au pouvoir que la poursuite du combat judiciaire et médiatique. Ils appellent ainsi le journaliste à continuer de porter une voix critique face aux restrictions visant, selon eux, les opposants et les médias indépendants.
« L’appel concerne tout le monde »
Les auteurs concluent en affirmant que l’affaire dépasse le cas personnel de Zied El-Heni et concerne l’ensemble des défenseurs des libertés publiques en Tunisie. Ils considèrent que chaque étape de la procédure judiciaire doit permettre de rappeler « qui est le persécuté et qui est l’oppresseur », tout en réaffirmant leur soutien au journaliste emprisonné.
Le lendemain de sa condamnation, Zied El-Heni avait annoncé depuis la prison de Mornaguia, qu’il refusait de faire appel, affirmant ne pas reconnaître « la légitimité du procès » ayant conduit à ce verdict.
Dans un message publié depuis sa cellule, le journaliste considère être détenu « de manière arbitraire et illégale » depuis son arrestation le 24 avril 2025. Il affirme être prêt à être jugé uniquement dans le cadre du décret-loi 115 de 2011 relatif à la liberté de la presse, qu’il présente comme la seule base légale applicable dans son affaire.
S.H










