Le ministère de la Justice a publié, lundi 18 mai 2026, un communiqué destiné à rassurer les justiciables, à la veille du lancement des premiers mouvements de protestation annoncés par l’Ordre national des avocats de Tunisie.
Le département affirme que les actions décidées par les avocats, notamment leur intention de suspendre certaines prestations dans le cadre de leurs relations avec leurs clients, « n’auront aucun impact sur le fonctionnement du service public de la justice ».
Le ministère précise ainsi que l’ensemble des juridictions du pays continueront à assurer normalement leurs missions, avec la tenue des audiences programmées, l’examen des affaires inscrites ainsi que la continuité des services administratifs au niveau des greffes.
Selon le communiqué, cette continuité vise à garantir l’accès des citoyens à leurs droits et à éviter tout préjudice aux intérêts des justiciables.
Le ministère affiche sa fermeté
À travers cette prise de position, le ministère de la Justice cherche manifestement à désamorcer les inquiétudes pouvant naître à la veille d’une série de mouvements annoncés dans plusieurs tribunaux.
Le département insiste sur le fait que le service public de la justice restera pleinement opérationnel sur l’ensemble du territoire de la République, malgré la montée de la contestation au sein de la profession.
Cette sortie officielle intervient alors que les tensions entre les avocats et les autorités judiciaires se sont nettement accentuées ces derniers jours.
Une mobilisation qui démarre dès ce mardi
Le 13 mai dernier, le Conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie avait annoncé une série de grèves régionales pour dénoncer la dégradation des conditions de travail dans plusieurs tribunaux, le manque d’équipements, l’insuffisance des ressources humaines et l’absence, selon lui, de réponses concrètes du ministère à ses revendications.
Le premier mouvement est prévu mardi 19 mai dans les tribunaux du Grand Tunis, de Nabeul et de Zaghouan, avec un rassemblement annoncé au palais de justice de Tunis.
Les avocats ont également commencé, depuis ce lundi 18 mai, à porter le brassard rouge dans les tribunaux en signe de protestation, avant une grève générale nationale prévue le 18 juin prochain.
Un bras de fer déjà engagé
Cette montée de la contestation intervient dans un climat déjà particulièrement tendu entre l’Ordre et les autorités judiciaires.
Au lendemain du recours engagé par le procureur général près la Cour d’appel de Tunis contre les modalités de tenue de l’assemblée générale extraordinaire des avocats du 1er mai 2026, l’Ordre avait choisi de passer à l’offensive en dévoilant un calendrier de mobilisations à l’échelle nationale.
Dans ses précédents communiqués, l’Ordre affirme avoir privilégié le dialogue autour de la réforme du service public de la justice et de l’amélioration des conditions de travail, tout en accusant le ministère de ne pas avoir interagi sérieusement avec ses revendications.
M.B.Z












