Alors que l’épidémie d’Ebola liée à la souche Bundibugyo continue d’inquiéter les autorités sanitaires internationales en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, la Tunisie affirme suivre de près l’évolution de la situation. Dans un communiqué publié jeudi 21 mai 2026, le ministère de la Santé assure qu’aucune menace directe n’a été détectée sur le territoire tunisien, tout en maintenant un niveau élevé de vigilance sanitaire.
Cette prise de position intervient dans un contexte de forte alerte internationale, après les mises en garde du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui redoutent une propagation plus large de la flambée actuelle.
Tunis surveille de près l’évolution de la flambée
Dans son communiqué, le ministère de la Santé indique suivre « avec une attention particulière » les développements de la situation épidémiologique en RDC, où plusieurs dizaines de cas confirmés d’Ebola ont déjà été recensés.
Le département a également exprimé sa solidarité avec le peuple congolais et les équipes médicales mobilisées sur le terrain, saluant les efforts de coordination engagés par les institutions sanitaires africaines et internationales afin de contenir l’épidémie.
Sans évoquer de mesures exceptionnelles à ce stade, les autorités tunisiennes insistent toutefois sur l’importance de la vigilance épidémiologique, du partage rapide des données sanitaires et du renforcement des capacités de réaction des systèmes de santé face à ce type de menace.
Le ministère précise par ailleurs qu’aucun danger immédiat n’a été identifié en Tunisie. Les services compétents poursuivent néanmoins un suivi rapproché de l’évolution de la flambée en coordination avec les partenaires régionaux et internationaux.
Les Tunisiens en RDC appelés à la prudence
Face à cette situation, les autorités tunisiennes ont adressé des recommandations spécifiques aux ressortissants tunisiens vivant, travaillant ou voyageant en République démocratique du Congo.
Le ministère appelle notamment à éviter tout contact direct avec des personnes présentant des symptômes suspects, tels que la fièvre, une grande fatigue, des vomissements, des diarrhées ou des saignements.
Les autorités recommandent également de ne pas manipuler les effets personnels de personnes potentiellement infectées, le virus pouvant se transmettre par contact avec des fluides corporels ou des objets contaminés.
Dans le même temps, le ministère tient à rappeler un point souvent source d’inquiétude dans l’opinion publique : Ebola ne se transmet pas habituellement par voie aérienne ni par un simple contact occasionnel. La contamination survient principalement par contact direct avec le sang ou les fluides biologiques d’une personne infectée, vivante ou décédée.
Les autorités sanitaires invitent enfin toute personne ayant séjourné dans une zone touchée et présentant des symptômes dans les 21 jours suivant son retour à contacter préalablement les services de santé avant de se rendre dans un établissement hospitalier, afin d’éviter tout risque de transmission.
Une flambée qui inquiète fortement les autorités sanitaires internationales
La prudence affichée par Tunis s’inscrit dans un contexte de forte inquiétude internationale autour de cette nouvelle flambée d’Ebola liée à la souche Bundibugyo.
L’Organisation mondiale de la santé a officiellement classé l’épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, évoquant un risque réel d’expansion régionale en Afrique centrale.
Selon les derniers chiffres communiqués par l’OMS, 600 cas suspects et 139 décès suspects ont été recensés, tandis que 51 cas ont été confirmés en RDC et deux autres en Ouganda voisin.
Les autorités sanitaires internationales redoutent surtout une circulation silencieuse du virus depuis plusieurs mois avant l’identification officielle des premiers foyers. Une hypothèse renforcée par le nombre élevé de cas suspects et la dispersion géographique des contaminations observées sur le terrain.
Autre facteur de préoccupation : contrairement à d’autres souches du virus Ebola, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé n’existe actuellement contre la souche Bundibugyo, compliquant davantage les capacités de riposte rapide.
N.J










