Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Une proposition de loi en préparation pour bannir les cours particuliers

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Myriam Ben Zineb

    La députée Manel Bdida a appelé à l’adoption d’une loi interdisant les cours particuliers, estimant que cette pratique est devenue un véritable fardeau pour les familles tunisiennes et une dérive qui nuit au système éducatif.

    Intervenant vendredi 29 mai 2026 sur les ondes de Diwan FM, la parlementaire a rappelé que les cours particuliers dispensés en dehors des établissements éducatifs sont déjà interdits par plusieurs textes réglementaires émanant du ministère de l’Éducation. Elle a toutefois souligné que cette interdiction demeure largement théorique face à l’ampleur du phénomène.

    « Aujourd’hui, lorsqu’on discute avec les parents, on constate que même des élèves de deuxième ou de troisième année primaire suivent des cours particuliers dans plusieurs matières », a-t-elle indiqué, considérant que les élèves se retrouvent de fait contraints d’y recourir.

    Membre de la commission de l’Éducation à l’Assemblée des représentants du peuple, Manel Bdida a annoncé travailler, avec plusieurs de ses collègues, sur une proposition législative visant à interdire les cours particuliers. Le texte serait actuellement dans sa phase finale de rédaction et pourrait être intégré aux discussions autour de la future loi d’orientation sur l’éducation.

    « Une forme de commerce autour de l’élève »

    Pour la députée, les cours particuliers ont progressivement dénaturé la mission de l’école. Elle a estimé que les contenus pédagogiques devraient être pleinement transmis au sein des salles de classe et non à travers un système parallèle devenu, selon ses termes, « un commerce » exploitant les élèves et leurs familles.

    Elle a également dénoncé le poids financier croissant de ces dépenses sur les ménages tunisiens, évoquant une « véritable hémorragie » pour les budgets familiaux.

    Un marché estimé à plusieurs milliards de dinars

    Les déclarations de Manel Bdida interviennent alors que le débat sur les cours particuliers gagne en intensité. Début mai, le président de l’Association des parents d’élèves, Ridha Zahrouni, avait lui aussi alerté sur l’ampleur du phénomène.

    Selon lui, certaines familles dépensent jusqu’à 10.000, voire 15.000 dinars par an pour financer l’accompagnement scolaire de leurs enfants, notamment dans les classes d’examen. À l’échelle nationale, le marché des cours particuliers représenterait entre 1,5 et 3 milliards de dinars, soit jusqu’à 20% du budget du ministère de l’Éducation.

    Les dépenses mensuelles consacrées à ces cours peuvent atteindre entre 300 et 600 dinars par élève, poussant parfois des familles à réduire d’autres dépenses essentielles afin d’assurer à leurs enfants un soutien scolaire considéré comme indispensable.

    Pour de nombreux observateurs, cette situation reflète les difficultés structurelles auxquelles fait face l’école publique et contribue à accentuer les inégalités entre les élèves. Ceux qui disposent des moyens financiers peuvent multiplier les heures de soutien, tandis que les autres peinent à suivre le rythme, faisant des cours particuliers un facteur de différenciation de plus en plus marqué dans le parcours scolaire.

    M.B.Z

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Commentaire

    1. arfaouiabdesselem

      Répondre
      30 mai 2026 | 21h33

      Si cette loi voit le jour et c’est une très très bonne chose et excellente nouvelle il faut permettre aux citoyens en créant un numéro vert de signaler tous les hors la loi qui seront faciles à identifier par le nombre de voitures en stationnement lors de la fin des cours ou le bouche à oreille par ex.

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *