La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le tribunal de première instance de Tunis a rendu, mardi 2 juin 2026, son verdict dans l’affaire dite de l’appareil secret du mouvement Ennahdha. Les peines prononcées vont de dix ans de prison à la réclusion à perpétuité, assortie dans certains cas de dizaines d’années d’emprisonnement supplémentaires.
Les accusés reconnus coupables
Selon une source judiciaire citée par l’Agence Tap, le tribunal a reconnu les accusés coupables de plusieurs infractions à caractère terroriste, notamment la constitution d’une entente terroriste, l’adhésion à une organisation terroriste, la mise à disposition de compétences et d’expertises au profit d’un groupe lié à des activités terroristes, ainsi que d’autres crimes prévus par la législation tunisienne relative à la lutte contre le terrorisme.
Les principales condamnations
La peine la plus lourde a été prononcée à l’encontre de Mustapha Khedher, condamné à la réclusion à perpétuité assortie de 96 années de prison.
Le tribunal a également condamné à la perpétuité assortie de 76 ans de prison Ridha Barouni, Taher Boubahri, Kamel Aifi ainsi que sept autres accusés.
Par ailleurs, Fathi Beldi a écopé de la perpétuité assortie de 50 ans de prison, tandis qu’Abdelaziz Daghsni a été condamné à la perpétuité et 37 ans d’emprisonnement. Kamel Bedoui a, pour sa part, été condamné à la perpétuité et 32 ans de prison.
Les juges ont également prononcé des peines de perpétuité assorties de trente ans de prison à l’encontre de Samir Hannachi et du président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi.
Concernant les autres accusés, Kaïs Baccar a été condamné à 48 ans de prison, Belhassen Nakkach à 46 ans, tandis que Ali Larayedh a écopé d’une peine de 42 ans de prison. Ali Fréchichi a été condamné à 34 ans d’emprisonnement. D’autres accusés ont reçu des peines allant de 10 à 18 ans de prison.
Le tribunal a également ordonné le placement de l’ensemble des condamnés sous contrôle administratif pendant cinq ans après l’exécution de leurs peines.
Un dossier impliquant 35 accusés
Cette affaire à caractère terroriste concernait 35 accusés, parmi lesquels Rached Ghannouchi et son ancien vice-président Ali Larayedh, tous deux détenus, ainsi que plusieurs anciens responsables sécuritaires. Figure également parmi les prévenus Mustapha Khedher, déjà connu dans le cadre de l’affaire dite de la « chambre noire ».
Une enquête liée aux assassinats de Belaïd et Brahmi
Le dossier a été relancé début 2022 à la suite d’une plainte déposée par le ministère public et le collectif de défense des dirigeants politiques assassinés Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.
Le comité de défense avait accusé l’appareil secret d’Ennahdha d’être impliqué dans ces assassinats et d’avoir mené des activités d’espionnage et d’infiltration au sein des institutions de l’État. Il avait également mis en cause plusieurs dirigeants du mouvement, notamment Rached Ghannouchi, accusé d’avoir dirigé cette structure présumée. Des accusations que le mouvement Ennahdha a toujours rejetées, les qualifiant de motivations politiques.
Initialement instruit par le tribunal de première instance de l’Ariana, le dossier a été transféré en septembre 2023 au pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, qui a poursuivi les investigations jusqu’au procès.
S.H










