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Khaoula Boukrim condamnée par contumace à quatre ans de prison

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    La journaliste tunisienne Khaoula Boukrim a annoncé, mardi 9 juin 2026, avoir été condamnée par contumace à quatre ans de prison ferme dans deux affaires distinctes, soit deux ans dans chaque dossier, avec exécution immédiate.

    Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, elle affirme avoir appris la nouvelle par l’intermédiaire de son équipe de défense. Selon ses déclarations, les jugements auraient été prononcés en février 2026, quelques semaines seulement après son installation à Paris.

    « La justice de fonction sous l’ère Kaïs Saïed a prononcé à mon encontre un jugement par défaut me condamnant à quatre ans de prison, sans avocat, sans convocation et sans aucune procédure légale régulière », écrit-elle.

    La journaliste dénonce une condamnation rendue en son absence et affirme n’avoir fait l’objet d’aucune notification préalable. Elle estime que cette décision s’inscrit dans un contexte de poursuites visant les voix critiques du pouvoir.

    Dans un message empreint d’émotion, Khaoula Boukrim rappelle les principes appris durant sa formation de journaliste : « Dans mon pays, où j’ai étudié le journalisme, j’ai appris que le journaliste ne doit pas être l’information. Mais lorsque le silence devient une forme de complicité, il ne reste plus qu’à vous informer que je viens de rejoindre la liste des journalistes qui sont devenus eux-mêmes l’information ».

    Et de conclure : « Je suis Khaoula Boukrim, journaliste tunisienne contrainte à l’exil, condamnée par contumace à cause de mon travail ».

    Un mandat de recherche émis quelques heures après le jugement, selon la journaliste

    Dans une publication ultérieure, Khaoula Boukrim a apporté de nouveaux détails sur les suites de sa condamnation. Elle affirme qu’un avis de recherche a été émis contre elle quelques heures seulement après le prononcé du jugement par défaut.

    La journaliste dénonce ce qu’elle considère comme une violation des garanties procédurales normalement accordées aux personnes condamnées par contumace.

    « Lorsqu’un jugement par défaut est prononcé, la personne condamnée est censée disposer d’un délai de dix jours pour former opposition », écrit-elle avec ironie, avant d’ajouter : « Mais comme la justice est intègre et que la condamnée est journaliste, un avis de recherche a été émis quelques heures après le jugement ».

    À travers ce commentaire sarcastique, Khaoula Boukrim conteste la régularité de la procédure engagée contre elle et estime que les décisions prises à son encontre relèvent davantage d’une logique de répression que du respect des garanties judiciaires.

    Selon ses déclarations, les deux affaires ayant conduit à sa condamnation seraient liées à des délits d’opinion. La journaliste affirme ainsi avoir été condamnée à quatre ans de prison « dans deux affaires liées à l’expression de ses opinions ».

    Une nouvelle étape dans les poursuites

    Cette annonce intervient quelques jours seulement après que la journaliste eut révélé faire l’objet d’une procédure judiciaire fondée sur la législation antiterroriste.

    Le 5 juin dernier, Khaoula Boukrim avait indiqué avoir été informée de son renvoi devant la justice dans le cadre d’une enquête ouverte sur la base de la loi relative à la lutte contre le terrorisme. Elle affirmait alors ne disposer d’aucune information sur les faits précis qui lui étaient reprochés.

    Fondatrice du média en ligne TuMedia, connu pour sa couverture de l’actualité politique et ses prises de position en faveur des libertés publiques et des prisonniers d’opinion, la journaliste estime être visée en raison de son activité professionnelle et de ses enquêtes.

    Installée en France après avoir quitté la Tunisie, elle avait également dénoncé ces derniers jours des pressions exercées contre son entourage, affirmant qu’une unité sécuritaire s’était rendue au domicile de sa mère.

    À ce stade, aucune communication officielle des autorités judiciaires n’a été publiée concernant les condamnations évoquées par Khaoula Boukrim, ni sur les motifs des deux affaires ayant conduit à ces jugements. Les circonstances exactes de ces condamnations et les charges retenues contre la journaliste demeurent donc inconnues.

    R.B.H

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