La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a annoncé, mercredi 10 juin 2026, que la chambre compétente du tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter au 15 juillet prochain l’examen de son recours contre la décision de suspension de ses activités.
Dans un communiqué, l’organisation a indiqué avoir contesté, conformément aux procédures légales en vigueur, l’ordonnance ayant ordonné la suspension de ses activités. La LTDH affirme poursuivre ainsi les démarches judiciaires qu’elle considère nécessaires pour défendre son indépendance et garantir la continuité de son action dans le respect de la loi.
Une suspension décidée en avril
La Ligue avait été notifiée, le 24 avril 2026, d’une décision de suspension de ses activités pour une durée d’un mois. Selon les informations obtenues alors par Business News, un huissier de justice s’était rendu au siège de l’organisation afin de lui remettre officiellement l’ordonnance émise par le président du tribunal de première instance de Tunis.
Les motifs précis de cette mesure n’avaient pas été rendus publics au moment de sa notification.
Une organisation emblématique des droits humains
Fondée en 1977, la LTDH est l’une des plus anciennes organisations de défense des droits humains en Tunisie, dans le monde arabe et sur le continent africain. Elle a joué un rôle majeur dans la documentation des violations des droits et des libertés, ainsi que dans l’accompagnement des victimes.
L’organisation fait également partie du Quartet du dialogue national, récompensé par le prix Nobel de la paix en 2015 pour son rôle dans la résolution de la crise politique tunisienne de 2013.
Un climat de tension avec la société civile
La suspension de la LTDH s’inscrit dans un contexte marqué par une multiplication des procédures visant des organisations de la société civile. En 2025, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) avaient notamment fait l’objet de mesures similaires, suscitant de nombreuses réactions au sein des milieux associatifs.
Plusieurs organisations ont également alerté ces derniers mois sur ce qu’elles considèrent comme un durcissement du cadre d’action des associations, alors que des informations évoquent l’ouverture de procédures visant d’autres structures actives dans les domaines des droits humains, des libertés publiques et des médias indépendants.
M.B.Z












