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Tout ce qu’il faut savoir sur la Coupe du Monde 2026

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Par Marouen Achouri

    Avant même le coup d’envoi, cette Coupe du monde 2026 est déjà entrée dans l’histoire. Pas forcément pour les bonnes raisons. Billets hors de prix, supporters transformés en clients premium, arbitre somalien refoulé malgré son accréditation officielle, délégation iranienne contrainte de s’exiler au Mexique, joueurs irakiens retenus pendant des heures aux frontières américaines, sans oublier une FIFA étrangement silencieuse face aux lubies de l’administration Trump. Le plus grand événement sportif de la planète ressemble parfois davantage à un sommet du G7 sous tension qu’à une fête populaire du football. Pourtant, derrière les polémiques politiques, diplomatiques et financières, il reste un ballon, 48 équipes et plusieurs milliards de téléspectateurs. Toutefois, l’aspect sportif doit reprendre ses droits dans l’événement le plus important de l’année. Plongée dans une Coupe du Monde particulière, à ce niveau-là aussi.

    Une Coupe du monde XXL : ce qui change avec le format à 48 équipes

    La première révolution est mathématique. Pour la première fois de son histoire, la Coupe du monde accueille 48 sélections au lieu de 32. Une décision qui permet à davantage de pays de goûter au rêve mondialiste de la FIFA mais qui transforme également la compétition en véritable marathon.

    Les 48 équipes sont réparties en douze groupes de quatre. Chaque sélection dispute trois matches lors du premier tour. Les deux premiers de chaque groupe se qualifient automatiquement pour la phase finale, accompagnés des huit meilleurs troisièmes. Résultat : 32 équipes accèdent aux matches à élimination directe.

    Conséquence directe : le nombre total de rencontres passe de 64 à 104 matches. La compétition dure désormais 39 jours et les finalistes devront disputer huit rencontres pour soulever le trophée, contre sept auparavant. La FIFA a donc réussi son vieux rêve : davantage de matches, davantage de droits télévisés et davantage de recettes. Les puristes parleront d’inflation sportive. Les comptables parleront de croissance.

    De nouvelles règles entrent en vigueur

    Comme pratiquement chaque édition de la coupe du monde, l’édition 2026 sera l’occasion de tester de nouveaux changements dans les règles du jeu. Les annonces de ces changements ont été reçues avec une certaine tiédeur et sont caractérisées par un recours plus grand aux technologies dans l’arbitrage.

    Pour fluidifier le jeu, limiter les pertes de temps et renforcer la lutte contre les comportements antisportifs, la FIFA et l’IFAB ont introduit plusieurs nouvelles règles. Ces changements concernent aussi bien l’usage de la VAR que la gestion des remplacements, des blessures ou encore des contestations.

    • Les joueurs remplacés devront quitter le terrain en moins de dix secondes, sous peine de retarder l’entrée de leur remplaçant.
    • Un décompte sera appliqué pour les touches et les dégagements du gardien afin de sanctionner les pertes de temps.
    • Les joueurs soignés sur le terrain devront sortir et attendre une minute avant de revenir en jeu.
    • Les joueurs ne pourront plus profiter d’un arrêt de jeu pour blessure du gardien afin de recevoir des consignes depuis le banc.
    • La VAR pourra intervenir sur certaines situations supplémentaires, notamment des erreurs d’identité ou des décisions liées aux corners.
    • Les exclusions après un second carton jaune pourront être réexaminées par l’assistance vidéo.
    • La VAR pourra signaler certaines infractions survenues avant une remise en jeu.
    • Les arbitres assistants bénéficieront d’une alerte sonore en cas de hors-jeu manifeste grâce à la technologie semi-automatique.
    • Les joueurs qui quittent volontairement le terrain pour protester contre une décision arbitrale risqueront l’expulsion.
    • Les entraîneurs incitant leurs joueurs à quitter la pelouse pourront également être sanctionnés.
    • Les joueurs dissimulant leur bouche lors d’échanges conflictuels avec un adversaire pourront être exclus afin de faciliter l’identification d’éventuelles insultes ou propos discriminatoires.

    Ces mesures traduisent la volonté de la FIFA d’accélérer le rythme des rencontres, de réduire les contestations et d’offrir un arbitrage davantage assisté par la technologie lors du premier Mondial à 48 équipes.

    Où regarder les matches ?

    Bonne nouvelle pour les insomniaques tunisiens : aucun match ne devrait échapper aux écrans. Les droits de diffusion ont été répartis entre plusieurs diffuseurs internationaux, tandis que les principales affiches seront accessibles sur les chaînes sportives traditionnelles dans la région MENA.

    Comme à chaque grand rendez-vous, BeIN Sports sort l’artillerie lourde. Le groupe qatari a mis en place un dispositif exceptionnel avec huit chaînes entièrement dédiées à la compétition, plus de 17 heures de direct quotidien, des émissions spéciales, des analyses tactiques et des plateaux permanents durant toute la durée du tournoi.

    Autrement dit, même si votre équipe est éliminée dès le premier tour, vous pourrez toujours regarder d’anciens internationaux débattre pendant trois heures pour savoir si un latéral droit a suffisamment fermé son couloir.

    Une Coupe du monde pour les chauves-souris

    Il faudra être un lève-tôt ou un lève-tard (très) pour pouvoir suivre en direct les matches de cette Coupe du monde en Tunisie. Les plupart des matchs du premier tour seront diffusés à minuit, 3h, 5h du matin heure tunisienne. Pile au moment d’un petit communiqué présidentiel. Cependant, quelques matchs seront quand même diffusés à 22h.

    Le décalage horaire avec l’Amérique du Nord va transformer les supporters tunisiens en experts du café noir et des siestes improvisées. Les plus courageux devront choisir entre leur sommeil et un Paraguay-Norvège disputé à trois heures du matin.

    Concernant les Aigles de Carthage, le programme est particulièrement exigeant. La Tunisie débutera son parcours face à la Suède le 15 juin à 5h du matin, avant d’affronter le Japon le 23 juin à 7h du matin. Le dernier match de groupe contre les Pays-Bas sera disputé dans un créneau plus humain, à minuit dans la nuit du 26 au 27 juin.

    Une qualification tunisienne aurait donc un mérite supplémentaire : récompenser des millions de supporters privés de sommeil pendant plusieurs semaines.

    Les favoris : les habitués sont toujours là

    Malgré l’élargissement du tournoi, les favoris restent sensiblement les mêmes.

    L’Argentine arrive avec l’étiquette de championne du monde en titre et l’ambition de conserver sa couronne. La France demeure l’une des sélections les plus complètes du plateau. L’Espagne impressionne depuis plusieurs années par la qualité de son jeu. Le Brésil rêve toujours de décrocher une sixième étoile qui lui échappe depuis plus de vingt ans. L’Angleterre, l’Allemagne et le Portugal figurent également parmi les principaux prétendants.

    La logique sportive voudrait que le futur champion se trouve parmi ces grandes puissances. Mais une Coupe du monde n’a jamais respecté totalement la logique.

    Les outsiders qui pourraient tout bouleverser

    Chaque Mondial produit son lot de surprises. Cette édition ne devrait pas déroger à la règle.

    Le Maroc continue de bénéficier de l’élan créé par son exceptionnelle campagne de 2022. La Belgique dispose encore d’une génération capable de rivaliser avec les meilleures nations. La Colombie, le Mexique ou encore le Japon possèdent les arguments nécessaires pour perturber la hiérarchie établie.

    Le nouveau format favorise d’ailleurs les surprises. Avec huit meilleurs troisièmes qualifiés, plusieurs équipes pourront survivre à une phase de groupes moyenne avant de devenir extrêmement dangereuses lors des matches à élimination directe.

    La FIFA appelle cela l’inclusion. Les petites nations appellent cela une seconde chance.

    Le jackpot mondial : combien vont gagner les équipes ?

    La FIFA n’a jamais autant distribué d’argent. Derrière les émotions, les hymnes nationaux et les discours sur les valeurs universelles du sport, la Coupe du monde reste aussi une gigantesque opération financière.

    Le vainqueur empochera 50 millions de dollars.

    Le finaliste recevra 33 millions de dollars.

    La troisième place rapportera 29 millions de dollars.

    La quatrième place permettra d’encaisser 27 millions de dollars.

    Les équipes éliminées en quarts de finale toucheront chacune 18 millions de dollars.

    Les sélections sorties en huitièmes de finale recevront 12,5 millions de dollars.

    Même une élimination dès la phase de groupes rapportera 12,5 millions de dollars, grâce à une prime de participation de 10 millions de dollars complétée par une prime de préparation de 2,5 millions.

    Autrement dit, même les perdants repartiront riches. Une philosophie très moderne qui résume parfaitement cette Coupe du monde 2026 : personne ne sait encore qui gagnera le trophée, mais tout le monde sait déjà qui gagnera de l’argent.

    Derrière les statistiques, les records d’audience et les centaines de millions de dollars distribués par la FIFA, cette Coupe du monde 2026 raconte aussi quelque chose de l’évolution du football moderne. Un football devenu industrie, produit d’appel, actif financier et machine à cash mondialisée. Les billets atteignent des sommets délirants, les diffuseurs se livrent une guerre commerciale féroce et les sponsors occupent parfois davantage d’espace que les joueurs eux-mêmes.

    Difficile alors de ne pas éprouver une certaine nostalgie pour un football plus populaire, celui où les tribunes appartenaient encore aux supporters avant d’appartenir aux algorithmes de tarification dynamique. Celui où le football pouvait encore prétendre être un outil d’émancipation sociale et politique. On pense forcément à la Democracia Corinthiana de l’immense Sócrates, lorsque les joueurs des Corinthians transformaient un club de football en laboratoire démocratique au cœur de la dictature brésilienne. On pense aussi à ces Coupes du monde où l’on parlait davantage des dribbles de Maradona, des inspirations de Platini ou des arabesques de Zico que des revenus publicitaires et des valorisations boursières.

    Le football n’était évidemment pas parfait, mais il semblait appartenir à tout le monde. À l’heure où la Coupe du monde devient un spectacle toujours plus gigantesque, toujours plus rentable et toujours plus inaccessible, il n’est pas interdit d’espérer que le ballon continue, de temps à autre, à échapper à ceux qui prétendent le posséder.

    Marouen Achouri

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