La Fédération générale des retraités affiliée à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) hausse le ton. Dans un communiqué publié mercredi 17 juin 2026, elle dénonce la faiblesse des augmentations accordées aux retraités du secteur privé, accuse le gouvernement d’avoir agi sans concertation et alerte sur une dégradation continue des conditions de vie des pensionnés, entre inflation galopante et crise du système de santé.
Les 5 % de trop… ou plutôt de pas assez
La fédération revient sur les augmentations des pensions décidées par le gouvernement à travers les décrets publiés au Journal officiel le 30 avril 2026.
Si elle estime que la revalorisation accordée aux retraités affiliés à la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) répond au strict minimum, elle juge en revanche que la hausse de 5 % appliquée aux pensionnés de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) est largement insuffisante.
Pour l’organisation syndicale, cette augmentation est sans commune mesure avec « l’effondrement du pouvoir d’achat » provoqué par la flambée des prix, alors que de nombreux retraités peinent déjà à faire face à leurs dépenses quotidiennes.
Elle souligne en outre que des milliers de bénéficiaires de faibles pensions n’ont constaté aucune amélioration réelle de leurs revenus.
Cette question avait d’ailleurs été soulevée il y a quelques jours par l’expert en protection sociale Badr Smaoui. Invité sur Express FM, il avait expliqué que les retraités bénéficiant du minimum garanti pouvaient ne percevoir aucun gain concret, la hausse de leur pension étant compensée par une diminution équivalente du complément versé par l’État. Il plaidait également pour des augmentations progressives, plus favorables aux petites pensions, afin de renforcer l’équité entre les retraités.
« Pas d’État social sans négociation collective »
La Fédération générale des retraités reproche également au gouvernement d’avoir arrêté ces augmentations de manière unilatérale, sans consultation des représentants des retraités.
« Celui qui refuse de négocier avec le partenaire social et d’écouter les représentants des retraités ne peut être fidèle au slogan de l’État social », affirme-t-elle.
Selon l’organisation, les décisions touchant aux pensions et à la protection sociale devraient relever d’un véritable dialogue entre les autorités et les partenaires sociaux, et non de décisions prises unilatéralement.
Le système de santé également dans le viseur
Au-delà de la question des pensions, le communiqué dresse un constat particulièrement sombre de la situation sanitaire.
La fédération évoque une dégradation continue du système de santé, aggravée ces dernières années par les pénuries de médicaments essentiels et le recul de la qualité des prestations dans les établissements publics.
Elle estime que ce qui constituait autrefois un droit garanti — l’accès aux soins et à une couverture sanitaire digne — est devenu, pour un nombre croissant de retraités, un parcours semé d’obstacles.
L’UGTT menace de passer à l’action
Estimant que les retraités figurent parmi les principales victimes de la dégradation des caisses sociales et des services publics, la Fédération générale des retraités dit tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme.
Elle met en garde contre les conséquences de la poursuite des politiques menées actuellement et affirme qu’elle engagera « toutes les formes de lutte légitimes, légales et nécessaires » pour défendre les droits des retraités et préserver leurs conditions de vie.
M.B.Z











