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Incident au barrage de Mellègue : les autorités affirment que l’oued Medjerda peut absorber les eaux

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Par Imen Nouira

    Au lendemain de l’incident technique ayant affecté l’une des vannes du barrage de Mellègue, dans le gouvernorat du Kef, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche affirme que la situation ne présente aucun danger pour les riverains. Dans un communiqué publié jeudi 18 juin 2026, il assure que les volumes d’eau déversés peuvent être absorbés par le système hydraulique en aval. Des déclarations qui rejoignent celles formulées plus tôt par la Commission régionale de lutte contre les catastrophes de Jendouba.

    Le ministère indique que la panne enregistrée au niveau d’une vanne du barrage a entraîné une hausse du niveau des eaux et leur écoulement en direction de l’oued Medjerda. Le département affirme toutefois que cette situation « ne constitue pas un danger pour les riverains de l’oued » et assure que le lit de l’oued Medjerda est capable d’absorber l’intégralité des volumes d’eau en provenance de Mellègue jusqu’au barrage de Sidi Salem.

    Le communiqué précise également que le secrétaire d’État chargé des ressources hydrauliques s’est rendu sur place mercredi soir, sur instruction du ministre de l’Agriculture, accompagné d’une équipe d’experts et de cadres techniques relevant du ministère. Cette visite avait pour objectif de constater la situation sur le terrain, de vérifier l’état de l’ouvrage hydraulique et de suivre l’évolution des débits.

    Le ministère se veut rassurant

    Selon le ministère, les constatations techniques réalisées sur le terrain ont montré que l’intégrité du barrage n’était pas menacée et qu’aucune répercussion sur la sécurité des citoyens n’avait été relevée.

    Le département ajoute que les quantités d’eau déversées seront absorbées par le barrage de Sidi Salem et affirme que le rythme des écoulements connaît désormais une baisse sensible par rapport aux premières heures ayant suivi l’incident.

    Le ministère indique par ailleurs que ses services centraux et régionaux poursuivent une surveillance permanente de la situation à travers des équipes déployées sur le site du barrage et le long du cours d’eau, en coordination avec les services du ministère de l’Intérieur. Une cellule de suivi ainsi que les commissions régionales concernées demeurent mobilisées afin de suivre l’évolution des événements et d’intervenir si nécessaire.

    Une communication officielle qui a évolué au fil des heures

    Les déclarations du ministère vont dans le même sens que celles publiées quelques heures plus tôt par la Commission régionale de lutte contre les catastrophes de Jendouba.

    Dans son dernier communiqué, la commission a affirmé qu’aucun danger ne menaçait les habitants ou leurs habitations situés sur les rives de l’oued. Elle a également indiqué que la circulation restait normale sur l’ensemble des routes nationales et régionales concernées et que les dégâts recensés à ce stade concernaient uniquement des terres agricoles. La commission a par ailleurs estimé que l’oued Medjerda était en mesure d’absorber les volumes d’eau provenant de la région de Mellègue en direction de Bou Salem jusqu’aux limites du gouvernorat de Béja.

    Quelques heures auparavant, la même commission avait indiqué poursuivre son suivi en temps réel de l’évolution de la situation. Elle avait alors précisé que la circulation demeurait normale sur la route nationale n°17 reliant Jendouba au Kef, la route nationale n°6 entre Jendouba et Bou Salem ainsi que sur la route locale n°445 reliant Jendouba à Aïn Krima, tout en maintenant son appel à la prudence et au respect des consignes des forces de sécurité.

    Ces messages contrastent avec le ton adopté dans les premières heures de l’incident. Tard dans la soirée du mercredi 17 juin 2026, la commission régionale avait appelé les habitants vivant à proximité de l’oued Mellègue à s’éloigner des berges et à prendre les précautions nécessaires en raison de la hausse du niveau des eaux. Les agriculteurs avaient également été invités à déplacer rapidement leurs pompes d’irrigation et à mettre leur bétail à l’abri.

    Dans le même esprit, le ministère avait publié dans la nuit un premier communiqué annonçant l’enregistrement d’un dysfonctionnement technique affectant l’une des vannes du barrage. Il avait alors appelé les habitants des zones riveraines à éviter les abords du barrage et des cours d’eau, à ne pas traverser les oueds susceptibles de connaître une montée des eaux et à sécuriser leurs équipements agricoles ainsi que leur cheptel.

    Une panne technique à l’origine de l’incident

    Selon les informations communiquées jeudi matin par Hatem Ayachi, président de l’Union locale de l’agriculture et de la pêche de Nebeur, la panne aurait affecté la vanne supérieure du barrage lors d’une opération de délestage. L’écoulement important observé pendant plusieurs heures résulterait de l’impossibilité de refermer le dispositif après son ouverture.

    « Le problème est survenu au moment où les équipes ont procédé à l’ouverture de la vanne pour évacuer une partie des eaux. Lorsqu’elles ont tenté de la refermer, celle-ci n’a pas répondu en raison d’un dysfonctionnement technique », a-t-il expliqué sur les ondes de Jawhara FM.

    Le responsable local a également indiqué que le débit était ensuite revenu à un niveau normal et que les eaux poursuivaient leur trajet habituel dans le réseau hydraulique national, où elles peuvent être récupérées au niveau du barrage de Sidi Salem.

    Concernant les éventuelles conséquences sur l’activité agricole, Hatem Ayachi a assuré qu’aucun dommage n’avait été enregistré au niveau des grandes cultures, ni dans la région de Nebeur ni dans le reste du gouvernorat du Kef. Cette déclaration apporte une précision supplémentaire par rapport au bilan communiqué par la commission régionale, qui avait indiqué que les dégâts recensés à ce stade concernaient uniquement des terres agricoles.

    Le président de l’Union locale de l’agriculture et de la pêche de Nebeur a également rappelé que le barrage de Mellègue est en service depuis plus d’un demi-siècle. Il a indiqué que le projet du barrage de Mellègue 2, dont le taux d’avancement dépasserait 98%, devrait à terme permettre de prendre progressivement le relais de l’ouvrage actuel.

    À ce stade, les autorités régionales et le ministère de l’Agriculture estiment que la situation est sous contrôle. Les services concernés poursuivent néanmoins leur suivi sur le terrain, alors que les riverains restent attentifs à l’évolution de la situation et aux prochains communiqués officiels.

    I.N.

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    Commentaire

    1. Gg

      Répondre
      18 juin 2026 | 13h49

      Cette eau fera du bien à la nature, qui n’espérait sûrement pas ce cadeau!

    Répondre

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