Le député Maher Ketari est revenu en détail, lors d’une intervention consacrée aux discussions autour de la réforme du Code des changes, sur l’état d’avancement des travaux au sein de la commission des finances et sur les points de blocage encore en suspens.
Invité de l’émission Houna Tounes sur Diwan FM, vendredi 19 juin 2026, il a avancé que la commission des finances avait mené un travail approfondi d’auditions dans le cadre de l’examen du projet de réforme. Les consultations ont été élargies progressivement : ministère des Finances, administration de la douane, puis différentes organisations et acteurs ayant soumis des propositions écrites.
Une Banque centrale encore en retrait du processus
La majorité des parties prenantes ont été entendues, sauf un qui reste, selon lui, encore insuffisamment intégré aux échanges : la Banque centrale.
Notant que la participation de la Banque centrale est indispensable dans ce type de réforme, Maher Ketari a insisté sur le fait que la future réforme du régime des changes ne pourrait être pensée sans cet acteur clé qu’est la BCT. Celle-ci est appelée à intervenir aussi bien dans la conception que dans l’application des textes, notamment via les circulaires et les mécanismes de régulation.
Le député a expliqué ainsi que la commission souhaiterait poursuivre les auditions et avait même proposé que la Banque centrale transmette ses observations par écrit si elle ne peut pas se présenter physiquement aux réunions. L’objectif étant de garantir une réforme construite avec l’ensemble des parties concernées.
Modernisation du cadre légal et enjeux d’application
Le député a rappelé que le projet de réforme du Code des changes n’était pas un texte improvisé. Selon lui, il s’agit d’un travail de fond élaboré depuis plusieurs mois, voire années, en collaboration entre plusieurs institutions : Banque centrale, ministère des Finances, douanes, ainsi que des experts nationaux et internationaux.
Ce texte, déjà discuté et enrichi, fait aujourd’hui l’objet de nouvelles propositions d’amendements au sein de la commission des finances.
Parmi les points jugés prioritaires, Maher Ketari a mis en avant la question du « concept de résidence ». Selon lui, cette notion pose aujourd’hui des difficultés concrètes pour plusieurs catégories : les Tunisiens résidant à l’étranger souhaitant investir dans le pays, les investisseurs étrangers et les étudiants tunisiens à l’étranger confrontés à des blocages bancaires et administratifs.
Autre chantier majeur : l’adaptation du cadre légal aux évolutions technologiques. Le député a souligné que la législation actuelle, datant de 1976, ne prenait pas en compte les réalités économiques contemporaines telles que les paiements électroniques, les plateformes numériques, le travail à distance ou encore les crypto-actifs.
Il a insisté sur la nécessité d’encadrer ces nouvelles pratiques afin de permettre notamment aux jeunes entrepreneurs, freelances et start-ups de transférer leurs revenus vers la Tunisie dans un cadre légal clair et sécurisé.
Tout en défendant une modernisation du cadre juridique, le député a mis en garde contre une réforme qui ne serait pas pleinement appliquée. Selon lui, le principal enjeu n’est pas seulement l’adoption du texte, mais sa mise en œuvre effective. Il a exprimé ainsi une préoccupation centrale : préserver la crédibilité de la loi et éviter qu’un texte voté ne reste inappliqué, ce qui porterait atteinte à la confiance dans les institutions.
Maher Ketari a plaidé par ailleurs pour une accélération du processus législatif, estimant que la Tunisie ne peut plus se permettre de prolonger indéfiniment les discussions, au risque de freiner l’investissement et l’adaptation de l’économie aux exigences internationales.
Il a évoqué la possibilité de finaliser rapidement les travaux en commission, article par article, avant un passage en séance plénière dans des délais relativement courts, si les différentes parties prenantes poursuivent leur collaboration.
N.J











