Le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (Spot) a publié, mardi 23 juin 2026, un communiqué dans lequel il dénonce plusieurs dysfonctionnements touchant le secteur pharmaceutique. Réuni au sein de son bureau national, le syndicat affirme que les difficultés rencontrées ne se limitent plus à la seule question des relations avec la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), mais concernent également certaines pratiques municipales ainsi que l’évolution du partenariat engagé avec la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT). Le Spot annonce qu’il soumettra la question de sa crise avec la Cnam à son assemblée nationale prévue le mercredi 24 juin 2026 et qu’il saisira le ministre de la Santé afin d’obtenir des solutions aux problèmes soulevés.
Des engagements jugés non respectés
Dans son communiqué, le Spot revient d’abord sur les engagements pris dans le cadre de l’accord conclu sous l’égide de la présidence de la République afin de mettre fin à la crise ayant opposé les pharmaciens à la Cnam.
Le syndicat estime que plusieurs de ces engagements n’ont pas été respectés et considère que les difficultés auxquelles sont confrontées les officines demeurent entières. Cette prise de position intervient quelques semaines après une réunion de travail tenue au siège de la Cnam, au cours de laquelle les deux parties avaient pourtant affiché leur volonté de poursuivre la coopération et de consolider leurs relations contractuelles.
Le Spot rappelle que les accords conclus avec les autorités publiques constituent des engagements institutionnels qui doivent être respectés indépendamment des changements de responsables ou des circonstances administratives. Il estime que la stabilité du secteur pharmaceutique dépend directement de la crédibilité de ces engagements et de leur application effective.
Dans ce contexte, le bureau national a décidé de soumettre la question de la crise avec la Cnam à son assemblée nationale du 24 juin afin d’examiner les suites à donner à ce dossier.
Les taxes municipales toujours contestées
Le communiqué consacre également une partie importante aux redevances et prélèvements imposés à certaines pharmacies par des municipalités.
Le Spot dénonce ce qu’il qualifie d’« redevances municipales illégales et discriminatoires », ainsi que certaines circulaires qu’il juge contraires aux textes régissant la profession. Le syndicat considère que ces difficultés résultent notamment de contradictions entre plusieurs décisions administratives et d’interprétations divergentes des dispositions applicables aux pharmacies.
Cette question n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, les représentants de la profession contestent certaines mesures fiscales ou parafiscales qu’ils estiment incompatibles avec les spécificités de l’activité pharmaceutique et avec la mission de santé publique assurée par les officines. Les organisations professionnelles ont régulièrement plaidé pour une prise en compte du statut particulier des pharmacies, qu’elles refusent d’assimiler à de simples commerces.
À travers ce nouveau communiqué, le Spot remet ce dossier au centre des discussions et appelle les autorités concernées à clarifier définitivement le cadre applicable aux pharmacies.
Le dossier de la Pharmacie centrale relancé
Le bureau national du Spot s’est également penché sur les relations entre les pharmacies privées et la Pharmacie centrale de Tunisie. Le syndicat exprime son étonnement face à ce qu’il considère comme un recul de la PCT concernant un projet commun lancé sous l’égide du ministère de la Santé.
Selon le communiqué, ce projet avait fait l’objet d’un protocole d’accord signé en septembre 2024 et son taux d’avancement dépassait 80%. Le Spot souligne qu’il s’agissait d’un engagement moral et professionnel entre les différentes parties et regrette l’absence d’explications quant aux raisons ayant conduit à ce revirement.
Pour les pharmaciens, cette situation soulève des interrogations d’autant plus importantes qu’elle intervient dans un contexte marqué par les difficultés d’approvisionnement en médicaments et les efforts déployés par les autorités pour renforcer la résilience de la chaîne pharmaceutique. Le syndicat considère que la poursuite de ce projet revêt un caractère stratégique pour l’organisation des relations entre les pharmacies privées et la Pharmacie centrale.
Le communiqué évoque également la plateforme numérique appelée à régir les relations entre la Pharmacie centrale de Tunisie et les pharmacies privées. Le Spot estime que ce dossier, tout comme celui du projet commun engagé avec la PCT, nécessite une intervention du ministère de la Santé afin de lever les blocages persistants et de permettre l’aboutissement des engagements pris entre les différentes parties. Cette question apparaît particulièrement sensible alors que la numérisation de la gestion du médicament figure parmi les priorités affichées par les autorités sanitaires.
Estimant que ces dossiers nécessitent désormais un arbitrage clair, le Spot annonce son intention d’adresser un courrier au ministre de la Santé afin d’obtenir des solutions définitives concernant la plateforme numérique régissant les relations entre la Pharmacie centrale et les pharmacies privées, ainsi que les questions en suspens avec la PCT.
Une profession dans l’attente de réponses
À travers cette nouvelle prise de position, le Spot met en lumière plusieurs contentieux qui, selon lui, demeurent sans solution durable malgré les discussions engagées ces derniers mois. Qu’il s’agisse des engagements pris avec la Cnam, des prélèvements municipaux contestés ou du projet mené avec la Pharmacie centrale, le syndicat estime que des clarifications s’imposent.
La réunion de son assemblée nationale, prévue le mercredi 24 juin 2026, devrait permettre à la profession de définir sa position face aux engagements qu’elle estime non respectés et aux différents contentieux soulevés dans ce communiqué.
I.N.










