À l’occasion du 59e anniversaire de la disparition d’Ahmed Tlili, figure historique du syndicalisme tunisien, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a mêlé devoir de mémoire et message politique. Son secrétaire général, Slaheddine Selmi, a estimé que la centrale syndicale traversait aujourd’hui l’une des périodes les plus critiques de son histoire, qu’il a présentée comme une lutte pour préserver son indépendance et son rôle.
M. Selmi, a estimé, jeudi 25 juin 2026, lors d’une conférence intellectuelle organisée à la mémoire d’Ahmed Tlili, que l’UGTT faisait face à une tentative de remise en cause de son existence et de son indépendance. Il a profité de l’occasion pour dénoncer le refus du dialogue social et les politiques qu’il juge hostiles à la centrale syndicale. Des déclarations rapportées le même jour par l’organe de presse de la centrale syndicale, Echaab News.
Un hommage transformé en message politique
Slaheddine Selmi a établi un parallèle entre la conjoncture actuelle et les crises traversées par la centrale tout au long de son histoire. Selon lui, la période actuelle constitue toutefois « la plus dangereuse », dans la mesure où elle représente une véritable bataille pour défendre l’indépendance de l’organisation. Il a estimé que cette situation se traduit notamment par le refus du dialogue social et par des politiques adoptées par plusieurs ministères consistant, selon lui, à ne plus traiter avec l’UGTT.
Le secrétaire général a affirmé que ces pratiques ne feraient que renforcer la détermination de la centrale à défendre son autonomie, son existence, son rôle ainsi que les droits des travailleurs, tout en rejetant toute tentative de soumettre l’organisation à une quelconque autorité.
Il a également rendu hommage aux générations fondatrices de l’UGTT, citant notamment Ahmed Tlili et Habib Achour, dont l’engagement, a-t-il rappelé, a permis de préserver son indépendance. Pour Slaheddine Selmi, la crise actuelle dépasse les précédentes, puisqu’elle touche directement à l’autonomie de l’action syndicale et revêt, selon ses termes, le caractère d’une véritable « bataille d’existence ».
Le responsable syndical a enfin salué la présence d’anciens militants et responsables de l’UGTT lors de cette rencontre, estimant qu’elle contribuait à renforcer l’unité des rangs et à tirer les enseignements de l’histoire face à ce qu’il considère comme une tentative des autorités de réduire le rôle de la centrale.
Recueillement au cimetière du Djellaz
Plus tôt dans la matinée, les membres du bureau exécutif national de l’UGTT, conduits par M. Selmi, se sont rendus au cimetière du Djellaz à Tunis où repose Ahmed Tlili. Ils étaient accompagnés notamment de Ridha Tlili, fils du défunt, de son petit-fils Youssef Tlili, ainsi que de plusieurs membres de la commission administrative nationale et de syndicalistes.
Une gerbe de fleurs a été déposée sur la tombe du dirigeant historique avant la récitation de la Fatiha en sa mémoire et en hommage aux martyrs de la Tunisie. Cette cérémonie de recueillement a précédé la conférence intellectuelle organisée dans la journée afin d’évoquer son parcours et sa contribution au mouvement national et syndical ainsi qu’à la lutte contre le protectorat.


Né en 1916 à El Ksar, dans le gouvernorat de Gafsa, et décédé le 25 juin 1967, Ahmed Tlili est l’une des grandes figures historiques du syndicalisme tunisien. Cofondateur de l’UGTT aux côtés de Farhat Hached, ancien secrétaire général de la centrale et acteur de la lutte pour l’indépendance, il demeure une référence du mouvement syndical tunisien et de la défense de l’autonomie de l’organisation.
Près de soixante ans après son engagement au service du mouvement syndical et national, la mémoire d’Ahmed Tlili demeure ainsi mobilisée par l’UGTT pour rappeler les principes fondateurs de l’organisation, au moment où la centrale estime que son indépendance constitue de nouveau un enjeu majeur.
I.N.











