Alors que la grève générale de trois jours dans les secteurs bancaire, financier et des assurances a débuté mardi 23 juin 2026, le secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi, a accusé le ministère des Finances d’avoir refusé de recevoir les propositions de la centrale syndicale relatives à la Loi de finances 2027, dénonçant un nouveau revers pour le dialogue social.
S’exprimant lors du rassemblement organisé devant le siège de l’UGTT à Tunis, le responsable syndical a indiqué qu’il y a environ un mois, le ministère des Finances avait adressé une correspondance à l’UGTT afin de solliciter ses propositions pour l’élaboration de la Loi de finances 2027.
Selon lui, cette démarche, qui concernait également les organisations nationales et plusieurs composantes de la société civile, avait été perçue comme un premier signe d’ouverture susceptible de relancer le dialogue social entre l’UGTT, les organisations nationales, le gouvernement et les différentes institutions.
Mais cet espoir a rapidement laissé place à la déception, a poursuivi Slaheddine Selmi. Il a affirmé que, dès la prise de fonctions de la nouvelle ministre des Finances, le directeur général ayant signé cette correspondance avait été démis de ses fonctions.
Le responsable syndical a ajouté que l’UGTT avait néanmoins préparé ses propositions. « Jeudi dernier, le ministère des Finances a refusé de les recevoir », a-t-il déclaré, estimant que cette décision traduit la persistance du blocage du dialogue avec les autorités.
Une grève de trois jours
Ces déclarations interviennent au premier jour de la grève générale observée les 23, 24 et 25 juin dans l’ensemble des banques, établissements financiers et compagnies d’assurance.
La veille, la Fédération générale des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance avait appelé tous les salariés du secteur à respecter les consignes syndicales et à participer massivement au mouvement. Elle avait précisé que la grève se traduirait par une absence totale des employés de leurs postes de travail dans les sièges sociaux, directions centrales, agences, succursales et l’ensemble des structures relevant du secteur. Les employés du Grand Tunis avaient également été appelés à participer au rassemblement organisé mardi matin devant le siège de l’UGTT.
Dans la matinée, le secrétaire général de la Fédération, Sami Salhi, avait lui aussi dénoncé la dégradation du climat social. Réagissant au communiqué du Conseil bancaire et financier évoquant des retenues sur les salaires des grévistes, il l’avait qualifié de texte « non responsable », estimant qu’il relevait de la menace et de l’intimidation à l’égard des salariés.
Le syndicaliste avait rappelé que le mouvement, initialement prévu sur deux jours, avait été étendu à trois jours en raison de l’absence de progrès dans les négociations. Il avait également réaffirmé que les revendications portent notamment sur l’application des augmentations salariales au titre de 2025, toujours non concrétisées, tout en appelant le ministère des Affaires sociales à intervenir pour favoriser une reprise des discussions.
Pour rappel, ce conflit social trouve son origine dans le refus des employeurs d’accorder les augmentations salariales réclamées pour 2025, les conséquences de la loi de finances 2025 sur le pouvoir d’achat des salariés ainsi que le blocage des négociations sociales engagées depuis 2024.
M.B.Z











