La filière avicole tunisienne a basculé, en l’espace de quelques mois, d’une situation de pénurie marquée par des tensions d’approvisionnement et une hausse des prix à une phase de surproduction qui exerce aujourd’hui une forte pression sur les prix et fragilise les producteurs. Ce renversement brutal met en lumière, une nouvelle fois, l’absence de mécanismes de régulation stables dans le secteur.
C’est dans ce contexte que le ministère du Commerce a tenu, jeudi 25 juin 2026, une réunion placée sous les termes habituels du vocabulaire institutionnel : « réflexion », « coordination » et « rééquilibrage ». Le ministère y a relevé des dysfonctionnements que les professionnels du secteur dénoncent depuis des années, à savoir une filière déséquilibrée entre ses différents maillons – production, transformation et distribution – et dépourvue de véritables outils de régulation des volumes.
Dans les faits, entre l’absence de dispositifs fiables de prévision, une coordination insuffisante entre les acteurs et le manque de mécanismes d’ajustement en cas de surplus ou de déficit, la filière évolue au gré de cycles répétitifs : pénurie d’un côté, surproduction de l’autre.
Cette fois encore, la réponse institutionnelle reste cependant cantonnée à des formules générales, qui traduisent davantage une reconnaissance du problème qu’une réponse opérationnelle immédiate.
Selon le communiqué du ministère, la réunion a abouti à un accord de principe autour d’une « coordination renforcée » entre les différents intervenants. Il est également prévu de travailler sur une réorganisation globale de la filière et de mettre en place des programmes de suivi.
Aucune mesure concrète immédiate n’a toutefois été annoncée pour absorber le surplus actuel ou soutenir directement les producteurs en difficulté. Le texte officiel insiste surtout sur la nécessité d’analyser la situation et de « repenser les équilibres ».
Enfin, le communiqué évoque des propositions avancées pour contribuer à surmonter les différentes pressions que traverse le secteur, dans le but de préserver l’activité des petits éleveurs, des agriculteurs ainsi que des entreprises opérant dans la filière.
Reste désormais à savoir si ces « programmes de suivi » et cette « coordination renforcée » permettront de passer d’une gestion par à-coups à une véritable stratégie de régulation. Sur le terrain, les acteurs attendent surtout des mesures concrètes face à une situation déjà bien installée.
N.J











