Heure de Tunis :
Light
Dark

Désigner l’ennemi, laisser faire la haine

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Synda Tajine


    Hamma Hammami est un opposant historique. Il a survécu à la dictature, aux geôles de Ben Ali, aux procès fabriqués. Aujourd’hui, sur la scène nationale, ses apparitions se font rares, discrètes, lui qui fut longtemps un coup de poing permanent dans le débat public. Et pourtant, c’est précisément maintenant, alors qu’il ne dérange presque plus personne, qu’on le menace de mort. Comme quoi, en Tunisie, on n’a même plus besoin de faire du bruit pour devenir une cible.

    « Laissez-moi le tuer. » Trois minutes de vidéo, d’une rare violence, où un citoyen s’en prend ouvertement, publiquement, sans le moindre filtre, à plusieurs figures de la scène nationale. Hamma Hammami en tête de liste. Aucune place ici pour l’interprétation, aucune extrapolation nécessaire : l’homme réclame, à plusieurs reprises, « l’exécution » de Hammami, et se porte lui-même volontaire pour le sale boulot. « Laissez-moi le tuer », répète-t-il, avant de préciser, comme s’il craignait d’être mal compris : « Moi, celui-là, je le tue. Je l’exécute. »

    Un grand seigneur. Un soutien du président de la République, qui se croit visiblement investi d’une mission sacrée, « assainir » le pays de « ces gens-là ». On ne sait toujours pas qui a délivré le mandat, mais l’intéressé semble en tout cas très sûr de l’avoir reçu.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés