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Ahmed Saïdani : « J’ai tenté à plusieurs reprises de contacter Kaïs Saïed, mais toutes les portes étaient fermées »

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Par Sarra Hlaoui

    Député à l’Assemblée des représentants du peuple, Ahmed Saïdani a choisi Facebook pour répondre, une nouvelle fois, à ceux qui s’interrogent sur ses prises de position et sur son absence des médias. Dans un long statut publié mardi 11 août 2026, il livre surtout sa lecture des rapports entre le Parlement et la présidence de la République, tout en adressant un message pour le moins contrasté à Kaïs Saïed.

    Le député affirme ne plus se rendre sur les plateaux de télévision ou de radio depuis près de deux ans. Son principal espace d’expression reste désormais Facebook, qu’il présente comme l’un des rares moyens dont il dispose pour faire connaître ses positions sur la situation du pays.

    Mais derrière cette présence régulière sur les réseaux sociaux, Ahmed Saïdani dit surtout vouloir répondre à une question qui lui est régulièrement posée : pourquoi continue-t-il à écrire alors qu’il estime que personne, ou presque, ne l’écoute ?

    « J’ai trouvé toutes les portes fermées »

    La réponse du député est directe. Selon lui, ni lui ni ses collègues parlementaires ne disposent d’un véritable accès au chef de l’État.

    Ahmed Saïdani assure avoir tenté « à plusieurs reprises » de contacter Kaïs Saïed, sans parvenir à établir un échange. Il dit avoir eu le sentiment que « toutes les portes étaient fermées ».

    Une situation qu’il oppose à son expérience au Parlement panafricain. Il raconte avoir eu l’occasion d’y rencontrer à plusieurs reprises le président sud-africain lors de ses passages au Parlement. En Tunisie, affirme-t-il, sa relation avec le président de la République se limite aujourd’hui à ce qu’il voit dans les journaux télévisés ou sur les pages officielles de la présidence.

    Au-delà de l’anecdote, c’est surtout le fonctionnement des institutions qu’il remet en question. Pour Ahmed Saïdani, l’absence de dialogue entre la présidence et les députés constitue un problème, y compris pour ceux qui se réclament du projet politique porté par Kaïs Saïed.

    Un député qui revendique son indépendance

    Ahmed Saïdani tient également à répondre à ceux qui lui reprochent certaines de ses positions ou qui l’appellent à quitter l’Assemblée.

    Il rappelle qu’il est député et considère que son rôle est précisément de porter ses convictions au sein de l’institution parlementaire. Il rejette ainsi l’idée selon laquelle l’opposition ou la contestation devraient nécessairement se jouer dans la rue.

    Il affirme, par ailleurs, n’avoir voté en faveur d’aucun emprunt extérieur depuis le début de son mandat. Une manière de souligner qu’il entend exercer son mandat selon ses propres convictions, indépendamment des orientations du pouvoir.

    Un soutien qui n’exclut pas les critiques

    Le paradoxe du message d’Ahmed Saïdani apparaît surtout lorsqu’il évoque Kaïs Saïed.

    Le député décrit le président comme un homme « patriotique, sincère et propre ». Une appréciation très positive, qui contraste pourtant avec les critiques formulées quelques lignes plus tôt.

    Car, selon lui, Kaïs Saïed « n’a rien à voir avec le travail politique », n’écoute pas suffisamment les autres et ne semble pas accorder d’importance aux avis qui lui sont adressés.

    Pour autant, Ahmed Saïdani ne bascule pas dans une condamnation globale de l’action présidentielle. Il estime qu’il faut continuer à faire pression pour tenter de corriger ce qui peut l’être et contribuer, autant que possible, à l’amélioration de la situation du pays.

    Une position d’autant plus remarquée après son arrestation

    Les déclarations du député prennent une dimension particulière au regard de son propre parcours récent.

    Ahmed Saïdani avait été arrêté pour avoir critiqué le chef de l’Etat avant d’être libéré à la faveur d’une grâce présidentielle. Cette séquence avait placé son nom au cœur de l’actualité et l’avait directement confronté aux conséquences du fonctionnement du système judiciaire et politique qu’il commente aujourd’hui.

    Quelques mois plus tard, il continue donc de défendre une position qui se veut indépendante : critique du manque de dialogue avec la présidence, refus de renoncer à son mandat parlementaire, mais également reconnaissance de ce qu’il considère comme les qualités personnelles du chef de l’État.

    S.H

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    2 commentaires

    1. Mohamed Mabrouk

      Répondre
      12 août 2026 | 16h39

      Monsieur Saidani a une certaine exigence de coherence envers lui-meme. Alors ça lui coûte affectivement de reconnaitre la fausseté d’une appreciation initiale si cette appreciation lui a apporté une position sociale et un revenu consequent.
      D’autres n’on pas cette exigence de cohérence envers eux-meme. Alors, comme dit le dicton: « celui qui n’a pas de pudeur, qu’il fasse ce qu’il veut »

    2. Citoyen_H

      Répondre
      11 août 2026 | 20h29

      SI C’EST VRAIMENT LE CAS,

      il doit y avoir certainement une raison valable !

    Répondre

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