Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Code du statut personnel : Ahmed Saidani appelle à une révision face au défi démographique

Article réservé aux abonnés

Par Sarra Hlaoui

    Le débat sur l’avenir du Code du statut personnel (CSP) refait surface sur fond d’inquiétudes autour de l’évolution démographique de la Tunisie. Dans deux publications successives, hier et aujourd’hui 9 août 2026, le député Ahmed Saidani estime que le texte, qui a constitué selon lui « un acquis en son temps », nécessite aujourd’hui une révision de certaines de ses dispositions, qu’il présente comme une nécessité face aux mutations de la société tunisienne et au recul de la natalité.

    « Le Code du statut personnel était un acquis en son temps, mais il est aujourd’hui devenu, dans certaines de ses dispositions, en besoin d’une révision urgente », écrit-il, tout en rejetant une lecture du débat limitée à l’opposition entre « conservateurs » et « progressistes ».

    Pour Saidani, le critère devant guider une éventuelle réforme devrait être « l’intérêt de la famille, la cohésion de la société et l’intérêt national », notamment au regard de ce qu’il qualifie de « défi démographique croissant ».

    Le recul démographique au cœur du débat

    Dans une seconde publication, Ahmed Saidani développe cette idée et décrit la situation démographique comme une question susceptible, selon lui, de déterminer une partie de l’avenir de la Tunisie et sa place dans la région au cours des prochaines décennies.

    Il oppose notamment deux dynamiques : d’une part, la croissance démographique attendue en Afrique subsaharienne et, d’autre part, le vieillissement et le recul de la population tunisienne qu’il anticipe à partir du milieu du siècle.

    S’appuyant sur des projections attribuées aux Nations unies, il affirme que la population de l’Afrique subsaharienne pourrait passer d’environ 1,3 milliard à près de 3,5 milliards d’habitants, tandis que la Tunisie serait confrontée à une contraction de sa population, à un vieillissement de sa pyramide des âges et à une diminution de la population en âge de travailler.

    Pour lui, cette évolution impose de faire de la natalité et du renouvellement des générations une priorité de l’État.

    Soutenir les familles plutôt que culpabiliser

    Ahmed Saidani estime que l’encouragement des naissances ne peut toutefois se limiter à des appels à la natalité. Il plaide pour une politique visant à réduire le coût de constitution et d’entretien d’une famille.

    Il cite notamment le soutien aux enfants, le logement, les structures de garde et la protection de l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale parmi les leviers susceptibles d’accompagner les familles tunisiennes.

    Cette approche revient, dans son raisonnement, à replacer la question de la réforme du Code du statut personnel dans une problématique plus large : celle des conditions économiques et sociales permettant aux Tunisiens de fonder une famille et d’avoir des enfants.

    L’Afrique subsaharienne : un défi, mais aussi une opportunité

    Dans son analyse, Saidani appelle également à ne pas considérer l’évolution démographique de l’Afrique subsaharienne uniquement sous l’angle de la menace migratoire.

    « Il faut lire l’explosion démographique de l’Afrique subsaharienne non pas comme une catastrophe dont nous attendons l’arrivée à nos frontières, mais comme une transformation historique à laquelle nous devons nous préparer et que nous devons investir », écrit-il.

    Il considère que la position géographique de la Tunisie, à l’intersection de l’Europe et de l’Afrique, pourrait lui permettre de jouer un rôle de plateforme entre les deux continents, notamment dans la production, la logistique, la finance et les services.

    L’augmentation de la population africaine pourrait ainsi, selon lui, représenter des marchés, des investissements et un potentiel d’influence pour la Tunisie, à condition que le pays soit capable d’anticiper cette transformation.

    Une réforme du CSP au nom de la démographie ?

    Au-delà de la question du Code du statut personnel, les déclarations d’Ahmed Saidani posent donc une question plus large : comment adapter les politiques publiques tunisiennes à une transition démographique qui se traduit par une baisse de la fécondité et un vieillissement de la population ?

    Saidani établit un lien direct entre cette problématique et la nécessité de revoir certaines dispositions du CSP. Une position qui ouvre un débat particulièrement sensible en Tunisie, où le Code, promulgué en 1956, constitue l’un des textes les plus emblématiques de la législation tunisienne relative à la famille et aux droits des femmes.

    Pour l’auteur de ces publications, le choix est désormais stratégique : renouveler la population active et construire une « force humaine jeune », tout en valorisant la position géographique de la Tunisie, ou risquer de voir le vieillissement et le recul démographique affaiblir progressivement les capacités du pays.

    Une lecture qui fait de la démographie non plus seulement une question sociale, mais un enjeu économique, géopolitique et de souveraineté, et qui relance, en parallèle, la question de l’adaptation du cadre juridique régissant la famille aux transformations de la société tunisienne.

    S.H

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Commentaire

    1. Gg

      Répondre
      9 août 2026 | 22h59

      Si c’est juste une question démographique, il faut autoriser la polyandrie.
      Une femme qui a plusieurs maris augmente considérablement ses chances d’avoir plus d’enfants!

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *