Des prisonniers politiques expriment leur inquiétude quant à l’état de santé de Rached Ghannouchi et dénoncent l’interdiction qui lui aurait été faite de recevoir la visite de sa famille et de ses avocats durant son hospitalisation.
Dans une déclaration publiée mardi 18 août 2026, dix figures de l’opposition actuellement détenues affirment suivre avec « profonde préoccupation » la situation de l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple et dirigeant d’Ennahdha, âgé de 85 ans.
Issam Chebbi, Ahmed Néjib Chebbi, Ayachi Hammami, Abdelhamid Jelassi, Chaima Issa, Jaouhar Ben Mbarek, Ridha Belhaj, Ghazi Chaouachi, Khayem Turki et Zied El Heni lui adressent leur « entière solidarité » ainsi que leurs vœux de prompt rétablissement.
Des visites interdites pendant l’hospitalisation
Les signataires dénoncent surtout les conditions dans lesquelles s’est déroulée la récente hospitalisation de Rached Ghannouchi. Ils affirment que celui-ci aurait été privé de visites de sa famille et de ses avocats « pendant toute la durée de son hospitalisation ».
Ils demandent ainsi aux autorités politiques de respecter la loi et de garantir à l’ancien dirigeant d’Ennahdha l’intégralité de ses droits en tant que citoyen tunisien.
Cette déclaration intervient quelques semaines après un appel de la famille de Rached Ghannouchi, qui avait déjà alerté sur une dégradation de son état de santé et sur ses conditions de prise en charge médicale.
Un état de santé déjà jugé préoccupant par sa famille
Le 30 juillet, la famille de Rached Ghannouchi avait fait état d’une dégradation « rapide et continue » de son état de santé. Selon ses proches, l’ancien président de l’ARP avait été transféré à six reprises vers un établissement hospitalier au cours du mois de juillet.
La famille avait également affirmé qu’il souffrait d’une hypertension artérielle sévère et d’un état d’épuisement inhabituel, alors qu’il était déjà atteint de la maladie de Parkinson avant son arrestation en avril 2023.
Ses proches avaient notamment rapporté qu’à son retour d’une hospitalisation, il aurait perdu connaissance lors d’un entretien avec son avocat, dans un contexte de fortes chaleurs et d’hypertension. Ils avaient également affirmé que les autorités avaient ensuite interdit les visites familiales et celles de ses avocats pendant onze jours.
La famille avait alors dénoncé ce qu’elle présentait comme un « nouveau dispositif administratif » appliqué aux détenus hospitalisés, avec une interdiction des visites pouvant, selon elle, atteindre 21 jours.
Elle avait par ailleurs réclamé l’accès au dossier médical de Rached Ghannouchi, l’intervention de médecins indépendants ainsi que le respect de décisions internationales relatives à ses droits en détention.
Une situation judiciaire toujours lourde
Arrêté le 20 avril 2023, Rached Ghannouchi fait l’objet de plusieurs poursuites judiciaires. Il cumule, selon les décisions rendues dans différentes affaires, plusieurs condamnations totalisant 40 ans de prison ferme.
L’ancien président de l’ARP a également été condamné à la réclusion à perpétuité, assortie de trente années de prison supplémentaires, dans l’affaire dite de « l’appareil secret », ainsi qu’à de lourdes amendes financières.
La nouvelle déclaration des prisonniers politiques remet ainsi sur le devant de la scène la question de son état de santé et, plus largement, des conditions dans lesquelles il est pris en charge depuis son incarcération.
R.B.H











Commentaire
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De Ghannouchi À Chebbi et autres détenu.e.s semblables aux âges aussi avancés que leurs admirables parcours évolutifs cohérents et démocrates convergents…
LONGUE VIE, LIBERTE, DIGNITE DE TRAITEMENT ET SOLIDARITE SANS E.KS.CEPTIONS À EUX COMME AUX CENTAINES DE DETENU.E.S POLITIQUES COMME D OPINIONS PLUS ANONYMES !