La famille de Rached Ghannouchi a lancé, jeudi 30 juillet 2026, un appel qu’elle qualifie d’« urgent » à l’attention des médias, des organisations de défense des droits humains ainsi que de l’opinion publique nationale et internationale. Elle y fait état d’une dégradation « rapide et continue » de l’état de santé de l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple et dirigeant d’Ennahdha, âgé de 85 ans, actuellement incarcéré, et dénonce les conditions de sa prise en charge médicale.
Rappelant qu’avant son arrestation en 2023, alors qu’il était âgé de 82 ans, « Rached Ghannouchi menait une vie active malgré la maladie de Parkinson, grâce à une hygiène de vie rigoureuse lui permettant de maintenir un état de santé stable », la famille affirme que, depuis son incarcération, le dirigeant nahdhaoui souffrirait d’une hypertension artérielle sévère et d’un état d’épuisement inhabituel.
Dans son communiqué, la famille du dirigeant nahdhaoui affirme qu’il a été transféré à six reprises vers un établissement hospitalier au cours du seul mois de juillet en raison de problèmes de santé. Selon elle, son état s’est considérablement détérioré au cours des deux derniers mois.
Elle indique notamment qu’il y a près de deux semaines, à son retour d’une hospitalisation, l’ancien responsable politique a perdu connaissance lors d’un entretien avec son avocat en raison des fortes chaleurs, son hypertension artérielle ayant, selon ses proches, atteint un niveau de 23. Il aurait alors été immédiatement reconduit à l’hôpital.
La famille ajoute qu’à la suite de cette hospitalisation, les autorités ont interdit toute visite familiale ou de ses avocats pendant une période de onze jours, tout en refusant de communiquer des informations sur son état de santé. Durant cette période, Rached Ghannouchi a, toujours selon ses proches, observé une grève de la faim et cessé de prendre ses médicaments afin d’obtenir le rétablissement de son droit aux visites.
Après son retour en prison, son état de santé se serait à nouveau aggravé mercredi, nécessitant un sixième transfert vers un hôpital au cours du mois de juillet. La famille exprime, dans ce contexte, des inquiétudes quant au traitement médical qui lui serait administré en détention, évoquant l’hypothèse d’une prise en charge inadaptée de sa médication ou d’éventuelles interactions médicamenteuses.
La famille dénonce des restrictions aux droits des détenus
Au-delà de la situation médicale, la famille dénonce ce qu’elle présente comme « un nouveau dispositif administratif appliqué aux détenus hospitalisés ». Elle affirme que les autorités tunisiennes interdiraient désormais toute visite familiale ou juridique pendant une durée pouvant atteindre vingt et un jours dès qu’un prisonnier est admis dans un établissement hospitalier, considérant cette mesure comme « arbitraire et contraire aux droits fondamentaux des détenus ».
Les proches de Rached Ghannouchi soulignent que l’absence d’accès au dossier médical et le refus opposé à la famille ainsi qu’à l’équipe de défense constituent une atteinte à ses droits les plus élémentaires.
Appel au respect des décisions internationales
La famille appelle à la libération immédiate de Rached Ghannouchi, à l’octroi d’une réparation ainsi qu’à l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violations qui auraient été commises pendant sa détention. Elle rappelle que le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a estimé, dans son avis n° 63/2025, que la privation de liberté de l’ancien président de l’ARP revêtait un caractère arbitraire.
Elle cite également une ordonnance rendue le 28 août 2023 par la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, qui avait demandé à l’État tunisien de lever les obstacles à la communication de Rached Ghannouchi avec sa famille et ses avocats, de lui permettre d’être suivi par des médecins de son choix et de préciser le fondement juridique de sa détention.
Estimant que ces décisions n’ont pas été respectées, la famille demande aux autorités tunisiennes de s’y conformer sans délai. Elle réclame la levée immédiate de ce qu’elle qualifie d’isolement médical, l’autorisation des visites familiales et des avocats à l’hôpital, la communication intégrale de son dossier médical, l’intervention de médecins indépendants ainsi que la libération immédiate de Rached Ghannouchi.
Arrêté le 20 avril 2023, Rached Ghannouchi fait l’objet de multiples poursuites judiciaires. À ce jour, l’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) cumule 40 ans de prison ferme prononcés dans plusieurs affaires distinctes. Il a également été condamné à la réclusion à perpétuité, assortie de trente années de prison supplémentaires, dans l’affaire dite de « l’appareil secret ». Ces condamnations sont accompagnées de lourdes amendes financières.












4 commentaires
A4
Question: a-t-il eu pitié de ses compatriotes durant les cinquante ans pendant lesquels il se prenait pour un dieu ???
Ne disait-il pas que les « terroristes » étaient « ses enfants » ?
LE MULET
Ecrit par A4 – Tunis, le 10 Mai 2013
Ce sont ses enfants
C’est lui qui l’a dit
Ces buveurs de sang
Sont ses apprentis
C’était dans ses plans
C’était son avis
Crimes et châtiments
Et port de fusils
Face aux opposants
Face aux sans abris
Vivant un présent
Meublé d’infamies
Ce sont ses ânons
Têtes enturbannées
Cailloux sur le front
Cervelles grillées
Lourds comme du plomb
Vivant du passé
Bougeant comme des pions
Sur un échiquier
Lançant des jurons
Toujours mal rasés
Visages de ratons
Regards d’enragés
Ce sont ses bâtards
Qu’il ignore ce jour
Mais c’est bien trop tard
La voie sans retour
Est peinte de noir
Ne voit pas le jour
Nage dans le brouillard
Sans aucun secours
Peuplée de vieillards
De faux troubadours
Et de vrais ignares
Au double discours
Comme une girouette
Gourou malhabile
Il est à la tête
D’un troupeau servile
Qu’il mène à la fête
De la guerre civile
Une horde de bêtes
Déversant sa bile
Sur des gens honnêtes
Le jugeant débile
Car il n’est en fait
Qu’un mulet stérile !
HatemC
La situation soulève en effet un dilemme complexe entre la rigueur de la justice, le poids du bilan politique et la gestion humanitaire des détenus très âgés.
À 85 ans, avec des pathologies chroniques majeures (maladie de Parkinson, hypertension artérielle sévère), la gestion de la santé en milieu carcéral devient techniquement complexe.
L’aménagement de peine ou l’assignation à résidence pour motifs médicaux sont des leviers classiques dans de nombreux systèmes juridiques pour concilier l’exécution des décisions de justice et le respect de la dignité humaine.
La décennie 2011-2021 a été marquée par une instabilité politique chronique, des crises économiques successives et un sentiment d’essoufflement démocratique qui ont laissé de nombreuses séquelles.
Le défi fondamental de la Tunisie réside désormais dans sa capacité à bâtir un avenir stable et prospère tout en tirant les leçons des échecs du passé.
Citoyen_H
DONC ??
Il y a bien des centaines de milliers de personnes, loin d’être des criminels embastillés, qui ont été hospitalisés bien plus de fois que Khriji, le destructeur de la NATION !!
Est-ce que « sidkom echeikh », dispose de privilèges particuliers ???
Gg
Que d’histoires et de problèmes pour un vieux terroriste malade !
Des milliers de personnes âgées sont aussi malades que lui, et personne n’en parle!