La grève surprise des chauffeurs de camions-citernes, déclenchée jeudi 20 août 2026 dans la zone pétrolière de Radès, commence à produire ses effets. Depuis la matinée, plusieurs stations-service de la capitale sont prises d’assaut par les automobilistes, avec de longues files d’attente qui ont, par endroits, perturbé la circulation.
À l’origine de cette situation, l’arrêt des opérations de transport et de distribution des produits pétroliers depuis Radès. Les chauffeurs ont cessé le travail et bloqué les mouvements des camions-citernes, ralentissant directement le ravitaillement des stations-service, notamment dans le Grand Tunis et les régions voisines.
Un mouvement non décrété par l’UGTT
Le secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, Slim Sehimi, a confirmé, dans une déclaration à la Tap, les perturbations enregistrées dans la distribution.
Il a précisé que l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) n’avait pas appelé à cette grève, qu’il a qualifiée d’« anarchique ». Le responsable syndical estime néanmoins que le mouvement était prévisible, pointant le refus de certaines entreprises privées d’appliquer les accords conclus, alors que le dialogue social est au point mort.
Les chauffeurs réclament notamment l’application des augmentations prévues par la loi de finances et la régularisation de leur situation auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Un autre dossier alimente leur mécontentement : celui des cotisations sociales. D’après Slim Sehimi, des montants sont prélevés sur les salaires des chauffeurs sans être reversés à la CNSS.
Des accords qui remontent à 2018
Le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Selouane Smiri, a également réagi auprès de la Tap. Il a expliqué le déclenchement de la grève par la détérioration des conditions professionnelles et sociales des chauffeurs, mais aussi par l’absence de négociations au sein de plusieurs entreprises privées.
Parmi les principales revendications figure l’application d’un procès-verbal d’accord conclu en 2018. Les chauffeurs demandent également que soient régularisées les questions relatives aux cartes de soins et à leur couverture sociale.
La Fédération générale du pétrole et des produits chimiques a engagé des contacts avec ses structures syndicales pour tenter de contenir le mouvement et éviter qu’il ne se prolonge. Selouane Smiri a appelé à renouer rapidement le dialogue, estimant qu’une issue pouvait être trouvée par la négociation.
Les premières perturbations déjà visibles
Quelques heures auront suffi pour que l’arrêt du transport depuis Radès se répercute sur les stations-service. Face aux difficultés d’approvisionnement, mais aussi à la crainte de manquer de carburant, de nombreux automobilistes se sont précipités vers les pompes, provoquant files d’attente et encombrements.
Le secteur reste particulièrement vulnérable à toute interruption du transport des hydrocarbures. Les précédents mouvements sociaux ont montré qu’un blocage de la zone pétrolière de Radès pouvait rapidement désorganiser le ravitaillement des stations-service. En 2024, une grève de plusieurs jours avait déjà fortement perturbé la distribution.
Les démarches syndicales se poursuivent désormais pour tenter de mettre fin au mouvement et permettre la reprise du transport des carburants. En attendant, les perturbations enregistrées jeudi font de nouveau planer le risque de difficultés d’approvisionnement si le blocage venait à se prolonger.
M.B.Z












