La mer continue de rendre les corps. Trois samedi, neuf dimanche : en deux jours, les opérations de recherche ont permis de repêcher douze victimes du naufrage d’une embarcation de migrants irréguliers au large de Zarzis. Deux personnes sont toujours portées disparues.
Le bilan, désormais établi à douze morts, donne une autre dimension au drame qui a frappé le week-end dernier le sud-est tunisien. À Ben Guerdane et à Zarzis, l’attente des familles s’est transformée, au fil des heures, en une succession de mauvaises nouvelles, tandis que les recherches se poursuivent encore en mer.
Au total, quinze personnes avaient pris la mer. Quatorze étaient originaires de Ben Guerdane et une de Zarzis. Une seule personne avait, dans un premier temps, survécu au naufrage. Deux autres passagers sont aujourd’hui toujours recherchés.
La mer, puis les corps
Le naufrage s’était produit au large de Zarzis, alors que l’embarcation avait pris la direction des côtes italiennes. D’après les premiers témoignages recueillis après le drame, le bateau a connu une panne avant de sombrer.
Les passagers portaient des gilets de sauvetage, mais les conditions météorologiques avaient dispersé les naufragés loin du point du naufrage. Une circonstance qui a compliqué les recherches et éloigné les familles de la moindre certitude.
Depuis, les opérations se poursuivent sans interruption. Les unités navales de la Douane, de la Garde maritime, de la Protection civile et de la Marine nationale participent aux recherches, appuyées par deux hélicoptères de la Garde nationale et de l’armée nationale.
Mais derrière le dispositif déployé et les moyens mobilisés, le drame se joue surtout à terre. Chaque corps retrouvé signifie pour une famille la fin brutale d’une attente. Pour celles qui espèrent encore retrouver les deux disparus, l’attente se poursuit.
Les autorités affirment que toutes les ressources nécessaires restent mobilisées et que les recherches ne s’arrêteront qu’après l’achèvement des opérations de ratissage et la localisation des personnes encore portées disparues.
Les dépouilles retrouvées doivent par ailleurs être remises aux familles dans les meilleurs délais, selon l’administration générale de la Garde nationale.
Douze morts et une question qui demeure
Ce naufrage aura emporté douze vies en quelques heures. Il laisse aussi deux disparus, deux familles dans l’incertitude et une région une nouvelle fois confrontée au coût humain de la migration clandestine.
Au large de Zarzis, les recherches continuent. À terre, Ben Guerdane attend encore que la mer livre ses derniers secrets.
R.B.H












