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Délestages : de nouvelles coupures annoncées mardi dans plusieurs régions

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Par Imen Nouira

    Les délestages se poursuivent en Tunisie en pleine poussée de chaleur. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a annoncé, mardi 25 août 2026, de nouvelles coupures tournantes dans plusieurs régions du pays, entre 13 et 17 heures. Elles pourront durer jusqu’à deux heures par interruption.

    La Steg a publié six listes couvrant le Grand Tunis, le Nord, le Nord-Ouest, le Centre, Sfax ainsi que le Sud. Les coupures pourraient être appliquées de manière tournante et intermittente, selon l’état du réseau et les besoins d’équilibre entre la production et la consommation d’électricité.

    La société précise que les listes publiées ne sont pas définitives et que d’autres secteurs pourraient être concernés selon l’évolution de la situation. Le courant pourra également être rétabli sans préavis.

    Du Grand Tunis au Nord-Ouest

    Dans le Grand Tunis, les délestages pourraient toucher Fouchana, El Mghira, Borj Cedria, Cité Ettadhamen, La Soukra, El Mourouj, Mégrine, Radès, Ezzahra, Hammam-Lif, Boumhel, Birine, Ben Arous, Ariana, Douar Hicher, La Marsa, Borj Touil, El Menzah, El Manar, Aïn Zaghouan, les Jardins de Carthage, Ksar Saïd, Le Kram, La Goulette, Tebourba, Jedaida, Sidi Thabet et Mornag.

    Dans le Cap Bon, les coupures pourraient concerner Menzel Bouzelfa, Menzel Temime, Soliman, Takelsa, Nabeul, Béni Khalled, Tazarka, Somâa, Korba, Béni Khiar, Maâmoura, Kélibia, Hammam Ghezèze, Hammamet et Dar Chaâbane.

    Dans le gouvernorat de Zaghouan, les zones annoncées sont Nadhour, Zaghouan Nord, El Fahs, Bouachir, Zriba, Jebel Oust et Bir Mcherga.

    À Bizerte, les délestages pourraient toucher Zaouine, Menzel Bourguiba, Sejnane, El Khetmine, Aousja, Ghar El Melh, Utique, Ghazala, Mateur, Tinja, Metline, Menzel Jemil, Menzel Abderrahmane et Jarzouna.

    Dans le Nord-Ouest, la Steg cite Nefza, Ouchtata, Rouhia, Makthar, Ghardimaou, Oued Meliz, Bou Salem, Goubellat, Gaâfour, Chemtou, Kalaat Khasba, Sidi Ismaïl, Nebeur, Tajerouine, El Ksour, Le Krib et Bourouis.

    Le Centre, le Sahel et Sfax également concernés

    Dans les régions du Centre et du Sahel, les délestages pourraient toucher Enfidha, Sidi Bou Ali, Kalâa Kebira, Riadh, Ouled Achour, Jemmal, Ksar Hellal, Sayada, Zaouiet Kontoch, Bouhajla, Nasrallah, Menzel Mhiri, Sbiba, Chorbane, Souassi, S’hilat, Bekalta, Rejiche, la zone industrielle d’El Jem, Menzel Kamel, Moknine, Chebba, Khezama, Sahloul 3, Ouled Chamekh, Chetouine, Bouhjar, Sahline, M’saken, Hergla, Bouficha, Kerker, El Alaâ, la zone industrielle d’Enfidha, Hammam Sousse, la cité universitaire, Akouda et Kalâa Seghira.

    Dans le gouvernorat de Sfax, les coupures pourraient concerner Menzel Chaker, Sfax Sud, Sakiet Ezzit, Sakiet Eddaïer, Bir Ali Ben Khalifa, El Mahres, Agareb, El Amra, Thyna, Sfax Ouest, Sfax Ville, Jebeniana et El Hencha.

    De Gabès à Ben Guerdane

    Dans le gouvernorat de Gabès, les zones annoncées sont Gabès Ville, Menzel, Jara, Hay El Amal, Chamaïti, Chenini, Bouchemma, El Hamma, Mareth, Oudhref et Métouia.

    À Djerba, les délestages pourraient toucher El May, Sedouikech, Tlalet, El Jorf, Aghir, Houmt Souk, Midoun, Guellala et Robbana.

    Dans le gouvernorat de Kébili, la Steg cite Kébili, Nezla, la cité de la route de Gabès, Souk Lahad, Jemna, Douz, El Faouar, El Kalaâ, Nouil et El Afrane.

    À Tataouine, les coupures pourraient concerner Remada, Ghomrassen, Bir Lahmar, Tataouine Nouvelle, Tataouine Ville, la cité du Festival, Smar et Ezzahra.

    Dans les régions de Zarzis et de Ben Guerdane, les secteurs annoncés sont El Hichem, Mouensa, Souihel, Zaouia, Bassatine, Chahbania, Neffatia, Hay Mars et la route de Ras Jedir.

    À Médenine, la liste comprend Derghoulia, Hassi Amor, Médenine Ville, Béni Khedache, Bou Ghrara, Hricha et Regouba.

    Ces nouvelles annonces interviennent au lendemain d’une journée déjà marquée par des délestages dans différentes régions. Lundi 24 août, la Steg avait annoncé de possibles coupures tournantes entre 13 et 17 heures.

    Les tensions se sont prolongées jusque dans la soirée. La Steg a de nouveau recouru aux délestages entre 22 heures et minuit dans le Grand Tunis, le Cap Bon, à Zaghouan et à Bizerte, ainsi que dans le Nord-Ouest, le Centre et le Sahel, et à Sfax.

    Jusqu’à 47 degrés et 22 gouvernorats en vigilance orange

    La poursuite des délestages coïncide avec le maintien d’une chaleur particulièrement intense. Selon le bulletin quotidien de l’Institut national de la météorologie (INM), les températures maximales oscilleront, mardi, entre 36 et quarante degrés Celsius près des côtes nord et dans le Cap Bon.

    Elles seront comprises entre 41 et 47 degrés Celsius dans le reste du pays, avec des coups de sirocco.

    Selon la carte publiée mardi matin par l’INM, 22 gouvernorats sont placés en vigilance orange : Jendouba, Béja, Le Kef, Siliana, Kasserine, Zaghouan, Tunis, Ariana, Ben Arous, La Manouba, Sousse, Monastir, Mahdia, Kairouan, Sidi Bouzid, Sfax, Gafsa, Tozeur, Kébili, Gabès, Médenine et Tataouine.

    Bizerte et Nabeul sont, pour leur part, placés en vigilance jaune. La répartition couvre ainsi les 24 gouvernorats du pays. Diffusée à 6h57, la carte demeure valable jusqu’au mercredi 26 août à 7 heures.

    L’INM prévoit un temps chaud et peu nuageux dans la plupart des régions. Des cellules orageuses locales devraient toutefois se former dans l’après-midi sur les régions occidentales du Nord et du Centre. Elles seront accompagnées de pluies avant de gagner, en fin de journée, certaines zones du Centre-Est.

    Le vent soufflera du secteur sud. Il sera relativement fort près des côtes et faible à modéré à l’intérieur du pays. Il se renforcera sous les cellules orageuses, avec des rafales pouvant dépasser 70 km/h.

    La mer sera agitée dans le Nord. Elle sera peu agitée, puis progressivement moutonneuse sur les autres côtes.

    La Steg établit un lien entre les tensions sur le réseau et la hausse de la consommation liée notamment à l’utilisation intensive des climatiseurs. Elle appelle, dans ce contexte, les usagers à régler leurs appareils à 26 degrés Celsius. La chaleur n’explique toutefois pas, à elle seule, la persistance des délestages.

    Un réseau fragilisé au-delà des seuls pics de chaleur

    Une forte hausse des températures entraîne généralement une utilisation plus importante des climatiseurs et, par conséquent, une augmentation rapide de la demande en électricité. La longue canicule de juillet avait déjà placé le réseau électrique sous très forte pression.

    Le 24 juillet, Mohamed Atef Bouabdallah, membre de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, indiquait que la demande atteignait encore environ 6.000 mégawatts, alors que la Steg ne pouvait en fournir que 4.400.

    Selon lui, les délestages permettent de maintenir l’équilibre du réseau lorsque la demande dépasse les capacités de production et d’éviter un black-out généralisé. Ces mécanismes, qu’ils soient manuels ou automatiques, visent ainsi à protéger le système électrique contre un effondrement de l’alimentation.

    Mais la chaleur et l’usage intensif des climatiseurs ne constituent pas les seules explications. Invité jeudi 20 août 2026 sur Jawhara FM, l’ingénieur spécialisé dans l’énergie Foued Ali avait estimé que les délestages révélaient surtout une fragilité structurelle du système électrique tunisien et un manque de marge entre la production disponible et la demande estivale.

    La Tunisie complète notamment sa production nationale par des importations d’électricité depuis l’Algérie. Cette solution atteint toutefois ses limites lorsque les deux pays enregistrent simultanément des pics de consommation. Au moment où les besoins tunisiens augmentent, le réseau algérien peut lui aussi être fortement sollicité, réduisant les quantités disponibles à l’exportation.

    L’humidité joue également un rôle. Elle oblige les climatiseurs à fonctionner davantage pour maintenir le même niveau de confort, y compris lorsque les températures diminuent légèrement. Dans le même temps, la chaleur peut réduire l’efficacité des systèmes de refroidissement des unités de production et, par conséquent, leur capacité opérationnelle.

    Le problème touche donc à la fois la demande et l’offre : les consommateurs sollicitent davantage le réseau alors que certaines unités de production peuvent perdre en efficacité. Les nuits chaudes empêchent également la consommation de redescendre suffisamment et privent le réseau de périodes de répit.

    Foued Ali avait aussi pointé le recul des investissements et le retard pris par plusieurs projets de production. Il avait notamment évoqué quelque 870 mégawatts de capacités qui pourraient renforcer le système, mais qui n’avaient toujours pas été intégrées au réseau.

    La forte sollicitation des installations durant la canicule de juillet avait par ailleurs endommagé plusieurs transformateurs et câbles électriques. Certaines coupures prolongées étaient ainsi liées non pas aux délestages eux-mêmes, mais aux réparations rendues nécessaires par ces avaries.

    Les conséquences avaient également touché l’alimentation en eau. Les 14 et 15 juillet, entre 700 et mille interruptions quotidiennes de courant avaient été enregistrées au niveau des installations de pompage de la Sonede. À chaque coupure, les pompes s’arrêtaient, perturbant le remplissage des réservoirs et faisant baisser la pression dans les conduites. Plusieurs heures pouvaient ensuite être nécessaires pour un retour complet à la normale.

    La facture avait aussi été lourde pour les professionnels. La Chambre nationale des propriétaires des cafés avait évoqué des pertes se chiffrant à des dizaines de millions de dinars, tandis que la Chambre nationale des restaurateurs estimait que 70% des établissements avaient été affectés par les coupures répétées.

    Marchandises détériorées, rupture de la chaîne du froid, équipements électriques endommagés, arrêts de production, fermetures temporaires et manque à gagner avaient touché cafés, restaurants, commerces, pharmacies et entreprises industrielles. À Nabeul, plusieurs unités de transformation de tomates avaient notamment dû interrompre ou ralentir leur activité, avec des répercussions jusque sur les agriculteurs dont les cargaisons attendaient devant les usines.

    Ainsi, la persistance de la chaleur peut accentuer les tensions en augmentant l’usage des climatiseurs, mais elle agit sur un réseau déjà fragilisé par le manque de capacités disponibles, la baisse des performances estivales de certaines installations et l’insuffisance des investissements. La Steg invite les habitants des zones concernées à prendre les précautions nécessaires.

    I.N.

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