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Transporteurs de carburants : pas de grève annoncée, mais une réunion décisive et la menace plane toujours

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Par Imen Nouira

    Aucune grève des transporteurs de carburants n’est annoncée pour le moment. Les négociations se poursuivent autour des revendications sociales et professionnelles des chauffeurs, avant une réunion décisive prévue mercredi 26 août 2026. En l’absence d’avancées, les syndicats pourraient engager la procédure légale en déposant un préavis de grève.

    Des rumeurs avaient circulé au sujet d’une grève des transporteurs de carburants prévue ce mardi 25 août 2026. Dans un statut publié sur Facebook dans la nuit de lundi à mardi, le chargé de communication de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Ghassen Ksibi, les a formellement démenties.

    Il a indiqué s’être entretenu avec le secrétaire général de la Fédération de pétrochimie, Slim Sahimi, ainsi qu’avec le secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé des relations internationales et arabes, Selouane Smiri.

    Les deux responsables lui ont assuré que les informations faisant état d’une grève ce mardi étaient infondées et qu’il n’existait, dans l’immédiat, « aucune intention de faire grève ».

    Une réunion décisive prévue mercredi

    Selon Ghassen Ksibi, les contacts et les négociations portent notamment sur une prime convenue depuis 2018, la régularisation de la couverture sociale des chauffeurs et plusieurs autres revendications professionnelles.

    La Fédération de pétrochimie a convenu avec les représentants syndicaux de tenir une réunion mercredi 26 août afin d’évaluer le sérieux de la partie administrative et les avancées réalisées dans la satisfaction des revendications.

    Si aucun progrès n’est constaté, les syndicats pourront déposer un préavis de grève dans le respect des procédures en vigueur. Ce préavis ouvrirait une nouvelle phase de négociations destinée à trouver une solution. La grève ne serait déclenchée qu’en cas d’échec de ces discussions.

    Ghassen Ksibi a appelé, dans ce contexte, à ne pas relayer des informations non vérifiées susceptibles d’alimenter la confusion et l’inquiétude. Il a également écarté, pour l’heure, l’hypothèse selon laquelle certains chercheraient à pousser les chauffeurs vers un nouveau mouvement spontané.

    Les négociations se poursuivaient encore vendredi 21 août entre les différentes parties concernées par le transport des hydrocarbures. Leur objectif est de parvenir à une plateforme d’accord autour des revendications des travailleurs et, à terme, à une solution définitive au différend qui les oppose à leurs employeurs.

    La centrale syndicale coordonne les discussions avec les structures syndicales concernées et les représentants des chauffeurs, tandis que le ministère de tutelle mène, de son côté, des consultations avec les entreprises de transport.

    Un mouvement spontané qui avait pris l’UGTT de court

    Les tensions dans le secteur avaient éclaté jeudi 20 août, lorsqu’un mouvement spontané de chauffeurs de camions-citernes avait perturbé les opérations de transport des carburants, notamment dans la zone pétrolière de Radés.

    Cette grève surprise n’avait été ni décidée ni annoncée par les structures de l’UGTT. Intervenant le lendemain au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, Selouane Smiri avait affirmé que la centrale syndicale avait appris le déclenchement du mouvement « comme tout le monde ».

    Une fois informée de la situation et des revendications, la fédération avait pris contact avec ses structures syndicales et plusieurs responsables, dont le président-directeur général de la Société nationale de distribution des pétroles (SNDP–Agil), afin de favoriser la reprise du travail et l’ouverture de négociations. Le mouvement avait finalement été levé quelques heures après son déclenchement.

    Les revendications avancées par les chauffeurs ne sont toutefois pas nouvelles. Elles portent notamment sur leurs conditions de travail, l’application d’accords antérieurs, dont un procès-verbal remontant à 2018, les majorations salariales et la régularisation de certaines prestations sociales.

    Selouane Smiri avait notamment affirmé que certains chauffeurs pouvaient travailler quinze, seize, voire 18 heures par jour. Il avait également évoqué le cas de travailleurs découvrant, lorsqu’ils ont besoin de soins pour eux-mêmes ou leur famille, que leur carnet de soins est bloqué, alors même que les cotisations sociales sont prélevées sur leur rémunération sans que leur situation auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) soit régularisée.

    Le responsable syndical avait insisté sur le caractère « stratégique et vital » du transport des hydrocarbures, estimant que les difficultés rencontrées par les travailleurs devaient être traitées sérieusement afin d’éviter la répétition de tels mouvements.

    Dix jours de préavis avant une éventuelle grève

    L’échec des négociations ne signifierait pas qu’une nouvelle grève pourrait être déclenchée immédiatement. Une éventuelle mobilisation devrait, cette fois, suivre la procédure prévue par le Code du travail.

    L’article 376 bis dispose que toute décision de grève doit être précédée d’un préavis de dix jours, adressé à l’autre partie ainsi qu’au Bureau régional de conciliation ou, à défaut, à l’Inspection régionale du travail territorialement compétente. Le délai commence à courir à partir de la saisine de l’une de ces structures. Le même article prévoit également que la grève doit être approuvée par la centrale syndicale ouvrière.

    Cette procédure distinguerait une éventuelle nouvelle grève du mouvement spontané du 20 août, qui avait rapidement suscité l’inquiétude des automobilistes. De longues files s’étaient alors formées devant plusieurs stations-service, particulièrement dans le Grand Tunis, bien qu’aucune pénurie généralisée n’ait été officiellement annoncée. La ruée vers les pompes avait elle-même accentué la pression sur certaines stations.

    La reprise du transport avait permis d’écarter le risque immédiat d’un blocage prolongé de l’approvisionnement. Désormais, la réunion de mercredi devrait être déterminante : soit elle permettra d’enregistrer des avancées et de poursuivre le dialogue, soit les syndicats engageront la procédure légale en déposant un préavis. Aucune grève n’est annoncée à ce stade, mais la menace reste suspendue à l’issue des prochaines discussions.

    I.N.

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