Onze événements publics en seize jours. Entre le 12 et le 27 août, Brahim Bouderbala a multiplié les déplacements dans les festivals et manifestations culturelles, de Hammamet à Grombalia en passant par Carthage, Sousse, Ksar Helal et Sbeïtla. Une activité qui pourrait relever de l’agenda ordinaire d’un président de Parlement si elle ne s’accompagnait pas d’une communication systématique autour de sa personne et si elle ne survenait pas dans un contexte particulièrement difficile pour les Tunisiens. Coupures d’eau et d’électricité, perturbations dans la distribution des carburants, pénurie d’eau embouteillée et, surtout, drame de Ben Guerdane : les images souriantes du président de l’ARP ont fini par susciter de vives réactions. Au-delà de la polémique, cette omniprésence pose aussi une question politique : que cherche Brahim Bouderbala en travaillant ainsi sa visibilité ?
Depuis la mi-août, l’agenda public de Brahim Bouderbala présente une densité inhabituelle pour une période de vacances parlementaires. En seize jours, le président de l’Assemblée des représentants du peuple a participé à onze manifestations publiques réparties dans plusieurs régions du pays.
La séquence commence le 12 août au Festival international de Hammamet. Le lendemain, Brahim Bouderbala est au Festival international de Carthage. Il assiste ensuite au Festival du Jasmin à Radès le 16 août, au Festival du Textile à Ksar Helal le 17, au Festival international de Sousse le 18 et retourne à Carthage le 19. Le 22 août, son agenda comporte deux manifestations, le Festival international Sidi Ali Ben Aoun et le Festival international des Abadla à Sbeïtla. Deux jours plus tard, il participe à une manifestation au Cinéma Arcades du Bardo, avant les célébrations du Mouled dans la Médina de Tunis le 25 août et le Festival de la vigne à Grombalia le 27.
Rien d’étonnant, a priori, à voir le président de l’ARP assister à un festival ou à une manifestation culturelle. Cela fait aussi partie de la vie d’un responsable public. Ce qui interpelle ici, c’est le rythme : onze rendez-vous en seize jours, tous relayés par des publications et des photos sur sa page Facebook. Brahim Bouderbala ne se contente donc pas d’être présent. Il tient à ce que cela se sache.
Brahim Bouderbala ne participe pas à ces événements à titre privé. Ses déplacements sont médiatisés en sa qualité de président de l’ARP et font l’objet de publications illustrées. L’accumulation compose ainsi, volontairement ou non, l’image d’un responsable politique particulièrement présent sur le terrain durant la trêve parlementaire.
Cette visibilité tranche avec les habitudes d’un régime dans lequel la communication politique est largement concentrée autour de la présidence de la République. Brahim Bouderbala est en effet l’un des rares responsables du régime, en dehors de Kaïs Saïed, à travailler aussi ouvertement son image.










