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Attayar accuse le pouvoir d’avoir aggravé la crise et réclame son retrait

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Par Myriam Ben Zineb

    Le Courant démocrate (Attayar) a vivement critiqué, lundi 31 août 2026, la gestion de la situation économique et sociale, mettant notamment en cause plusieurs choix législatifs qui auraient, à ses yeux, contribué à aggraver les difficultés que traverse le pays.

    Dans un communiqué, le parti dresse un tableau particulièrement sombre des conditions de vie, évoquant les crises qui touchent l’accès à l’eau, à l’électricité, aux médicaments, aux produits et aux services essentiels. Il pointe également la dégradation du pouvoir d’achat, l’inflation, la hausse des prix et l’érosion progressive de l’épargne des ménages.

    Attayar estime que la multiplication de ces difficultés ne peut plus être expliquée par des facteurs conjoncturels ni par ce qu’il qualifie de recours systématique au « discours du déni » et à la théorie du complot.

    Le décret sur la spéculation et la réforme des chèques pointés du doigt

    Le parti s’attarde surtout sur plusieurs décisions prises ces dernières années et dont il conteste directement les effets économiques.

    Il cite en premier lieu le décret-loi n°14 de 2022 relatif à la lutte contre la spéculation illégale. Attayar considère que ce texte a provoqué des perturbations dans les mécanismes de stockage et d’approvisionnement, alors que les pénuries de plusieurs produits ont régulièrement marqué ces dernières années.

    Le parti met également en cause la loi n°41 de 2024 modifiant les dispositions du Code de commerce relatives aux chèques. Il estime que cette réforme a eu des répercussions sur les petites et moyennes entreprises ainsi que sur la consommation.

    Pour Attayar, ces textes font partie de politiques et de législations « imposées et insuffisamment étudiées » dont le coût est aujourd’hui supporté par les citoyens.

    Le parti critique également la gestion du secteur énergétique. Il reproche au pouvoir de ne pas avoir suffisamment tenu compte des mises en garde formulées par certaines institutions concernant le niveau de production d’énergie par rapport à la consommation, tout en relevant le recours à des ministres assurant l’intérim dans des secteurs directement concernés.

    Une responsabilité politique attribuée au pouvoir

    Le Courant démocrate établit également un lien entre cette situation et l’organisation institutionnelle instaurée en 2022. Il rappelle que le cadre constitutionnel accorde de larges prérogatives à la présidence de la République dans la détermination des politiques publiques, tandis que le gouvernement est chargé de leur mise en œuvre.

    Le parti estime ainsi que les difficultés actuelles ne peuvent être systématiquement imputées à des circonstances extérieures ou ponctuelles et réclame une remise en question des politiques suivies.

    Il va jusqu’à considérer que les crises successives, notamment celles touchant les services essentiels, témoignent d’un « échec politique profond » et d’une incapacité à garantir certains droits fondamentaux.

    Dans la dernière partie de son communiqué, Attayar tient le pouvoir en place pour « pleinement et absolument responsable sur le plan politique » de cet effondrement. Face à la gravité de la situation, il lui demande de reconnaître son échec dans l’anticipation, la préparation et la gestion des crises, ainsi que son incapacité à diriger le pays.

    Le parti appelle également à en tirer les conséquences politiques en annonçant la fin de l’état d’exception et le retrait du pouvoir, afin de permettre l’ouverture d’un processus de transition destiné à « stopper cette hémorragie dangereuse », à restaurer la dignité des Tunisiennes et des Tunisiens et à leur redonner « un peu d’espoir en un avenir meilleur ».

    M.B.Z

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    3 commentaires

    1. Qu'ils se remettent d abord en cause pour leur appel prepoutschiste, cause parmi les causes de la Kause mutilante en Kours et aux "choix qui ont aggravé la crise"...

      Répondre
      31 août 2026 | 18h46

      Qu’ils s’en excusent pleinement au peuple Tunisien…
      Préalable à toute crédibilité retrouvée pour leur critiques ou autres mise en causes.

      https://m.youtube.com/shorts/vXJ_uyLfYbs

    2. HatemC

      Répondre
      31 août 2026 | 18h25

      Tant qu’une troisième voie n’émergera pas — portée par une nouvelle génération de compétences techniques, de gestionnaires et d’acteurs de la société civile débarrassés des rancœurs politiques de 2011-2021 —, les critiques de l’opposition sonneront creux pour des millions de Tunisiens épuisés par le quotidien.

    3. HatemC

      Répondre
      31 août 2026 | 18h24

      Le communiqué d’Attayar (Le Courant démocrate) dénonçant les lois sur les chèques, la spéculation ou la crise énergétique illustre parfaitement ce malaise. Pour une grande partie de la population, ces partis d’opposition souffrent d’un manque criant de légitimité.

      Ceux qui prétendent aujourd’hui donner la leçon ont gouverné ou participé aux coalitions du pouvoir post-révolutionnaire.
      Leur bilan reste marqué par :

      – Le compromis politique au détriment du pays …
      Les alliances contre-nature (notamment avec Ennahdha) ont privilégié le partage du pouvoir au détriment du redressement économique.

      – L’explosion de la corruption et de l’informel …
      L’absence de réformes structurelles a affaibli l’État et laissé la corruption gangrener la finance publique et l’économie.

      – Le naufrage de la transition démocratique …
      En transformant le Parlement en un théâtre de marchandages et d’invectives, ces partis ont dégoûté les citoyens de la démocratie représentative, préparant le terrain pour l’arrivée de Kaïs Saïed en 2019 et le virage de 2021.

      Tant qu’une troisième voie n’émergera pas — portée par une nouvelle génération de compétences techniques, de gestionnaires et d’acteurs de la société civile débarrassés des rancœurs politiques de 2011-2021 —, les critiques de l’opposition sonneront creux pour des millions de Tunisiens épuisés par le quotidien.

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